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VIVENDI MUET APRÈS LA NOUVELLE OFFRE DE TELEFONICA SUR GVT (Photo Reuters/Reuters)
Mercredi 4 novembre, 16h37

PARIS/SAO PAULO (Reuters) - Telefonica a relevé mercredi son offre sur GVT, faisant s'éloigner la perspective d'une surenchère de Vivendi qui s'était le premier intéressé à l'opérateur télécoms fixe brésilien.

Le relèvement de 5,2% de l'offre de Telesp, filiale brésilienne de Telefonica, valorise GVT à 3,9 milliards de dollars, contre 3,7 milliards pour sa précédente offre du 7 octobre et trois milliards pour celle lancée un mois auparavant par Vivendi à la grande surprise du marché.

Cette nouvelle offre intervient au lendemain de la levée de la "pilule empoisonnée" de GVT, une clause qui rendait toute OPA dispendieuse et dont la suppression était une condition sine qua non pour les deux candidats.

L'offre portée de 48 à 50,50 reals par action - contre 42 reals pour celle de Vivendi - est destinée à "assurer le succès de l'offre et renforcer les intentions de Telesp", selon le document déposé auprès des autorités de régulation.

Telesp a expliqué sa décision par les résultats "encourageants" enregistrés au troisième trimestre par GVT qui a renoué avec un bénéfice net.

Une porte-parole de Vivendi s'est refusé à tout commentaire.

Stable avant l'annonce de Telefonica, l'action Vivendi s'octroie 2,6% à 19,O8 euros vers 16h00, tandis que celle de l'opérateur espagnol prend 0,6%. GVT gagne 1,2% et Telesp varie peu.

SURENCHÈRE DE VIVENDI JUGÉE PEU PROBABLE

Une source proche du dossier a déclaré mercredi à Reuters que Vivendi, qui n'avait pas encore officialisé son offre, continuait à analyser le dossier GVT.

"Plus Telefonica paye cher pour GVT et plus le risque d'une contre-offre de la part de Vivendi diminue. Cela explique la hausse du titre sur l'annonce de cette surenchère de Telefonica", a déclaré Charles Bedouelle, analyste chez Exane BNP Paribas. "Toutefois, Vivendi n'ayant pas officiellement abandonné, le risque est toujours là, mais il est de moins en mois fort".

Dès la première surenchère de Telesp, les analystes avaient jugé peu probable une nouvelle offre de Vivendi, le marché brésilien étant peu stratégique pour le groupe français, soucieux de surcroît de préserver la note de sa dette à BBB. (Plus de détails: )

Arnaud-Cyprien Nana Mvogo, analyste chez Aurel BGC, juge lui aussi peu probable que Vivendi surenchérisse à son tour, même si le groupe français a clairement dit vouloir se développer dans les télécoms sur les marchés émergents.

"L'attractivité du Brésil est réelle: une population jeune et urbaine relativement protégée de la crise mondiale, avec une hausse des revenus et de bonnes perspectives de croissance à moyen terme", explique-t-il dans une note, évaluant la probabilité d'une nouvelle offre de Vivendi à 20%.

"Mais d'un autre côté, la surenchère de Telefonica est également une bonne nouvelle pour Vivendi parce que cela lui permettra de ne pas poursuivre l'opération et de réclamer au final une indemnité du rupture", ajoute-t-il.

Swarth Group et Global Villa Telecom, les actionnaires majoritaires de GVT, avaient signé le 9 septembre un accord destiné à céder à Vivendi au moins 20% des titres en circulation.

La clause abrogée mardi prévoyait que toute offre devait représenter, en cash, 125% de la plus haute valeur atteinte par l'action durant les 12 mois la précédant, soit 48 reals. Suivant cette clause, la transaction devait être bouclée d'ici au 28 février 2010.

Telefonica avait dit qu'il attendrait le feu vert de l'autorité brésilienne de régulation des télécoms (Anatel), prévu à l'origine pour le 19 novembre, avant de formuler une nouvelle offre.

EX-ALLIÉS POUR DIGITAL+

Avant d'être ennemis dans le saga GVT, Vivendi et Telefonica s'étaient alliés fin 2008 pour faire une offre sur Digital+, la plate-forme payante que Prisa envisageait de vendre.

Le groupe de médias espagnol avait déclaré à la mi-janvier qu'il n'avait reçu aucune offre correspondant à ses exigences. Début septembre, Telefonica a fait savoir qu'il était toujours intéressé par une participation minoritaire avec un partenaire industriel. Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi, n'avait pas souhaité faire de commentaire.

Digital+ pourrait représenter un relais de croissance en Europe pour Canal+ au moment où le marché français arrive à maturité, estiment des analystes.

"L'affaire Digital+ est tout à fait distincte. Si Vivendi ne parle plus de ses projets sur GVT, c'est parce qu'ils ont parlé un peu vite dans un premier temps et ont été très attaqués", a observé Charles Bedouelle. "Telefonica ne laissera jamais Vivendi devenir un concurrent au Brésil, son plus gros marché".

Cyril Altmeyer, avec la contribution de Guillermo Parra-Bernal à Sao Paulo et de Juliette Rouillon à Paris, édité par Marc Joanny et Gilles Guillaume

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