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La culture du café, une planche de salut pour le Soudan du Sud

Au Soudan du Sud, pays miné par la guerre depuis 30 ans, la filière café est en train de renaître grâce à un programme de relance de la production initié en 2011.

Le Soudan du Sud est un producteur de longue date de café. Mais son industrie, destinée au marché local, a été détruite par des décennies de guerre. Un comble pour ce pays qui fut un berceau mondial de la culture du café au début du XXe siècle. Il en reste des traces. De l'Arabica sauvage pousse encore aux confins de la jeune république, près de la frontière éthiopienne, et du Robusta est cultivé sur les reliefs qui bordent l'Ouganda ainsi que dans le centre du pays.

Si elle prenait son essor, l'exportation de café aiderait à coup sûr le Soudan du Sud à diversifier son économie, aujourd'hui entièrement dépendante du pétrole. Selon certains experts, les précieux grains pourraient même devenir sa deuxième source de revenus à l'exportation. Face à ce constat, Nespresso a imaginé dès 2011 un ambitieux programme conçu à la fois dans le souci de soigner ses propres approvisionnements en café et celui de faire revivre une industrie capable de tirer la croissance économique d'un pays.

L'entreprise s'est donc associée à TechnoServe, une ONG qui travaille avec de petits producteurs de café à travers le monde afin de les aider à accroître leurs récoltes. Nespresso a investi quelques 2,5 millions de dollars (2,3 millions d'euros) pour professionnaliser la filière café. Dans la région de Yei, par exemple, des caféiers ont été replantés dès 2011. Rapidement, cinq coopératives ont pu être constituées et inscrites au registre du commerce, leurs responsables formés à élaborer un business plan. Enfin six centres de traitement par voie humide, un procédé qui permet d'obtenir des grains de café de meilleure qualité négociés à des prix plus élevés, ont vu le jour. En parallèle, TechnoServe a formé des fermiers à l'agronomie et introduit l'idée qu'ils pouvaient monter une "petite affaire" autour du café. Il a aussi fallu développer des canaux de distribution pour la vente et l'exportation.

De nouveaux débouchés commerciaux

Les résultats n'ont pas tardé. En 2015, Nespresso a pu lancer une édition limitée de capsules en France grâce à la production locale, et en 2016, ce sont 5 pays supplémentaires qui ont pu déguster ce café exceptionnel (Suisse, Pays-Bas, Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni). La preuve que des producteurs modestes, s'ils sont encouragés à le faire, peuvent parfaitement relever le défi de la production et de la qualité pour servir des marchés exigeants.

Malgré l'instabilité chronique du pays, ce programme qui a d'ores et déjà bénéficié à 700 cultivateurs devrait encore monter en puissance. En effet, depuis peu, une entreprise locale a été autorisée à exporter du café sud-soudanais vers l'Ouganda voisin ouvrant là un nouveau débouché commercial. Les pouvoirs publics, eux, ont pu lever de premiers impôts et de premières taxes sur cette activité, révélateur d'une croissance économique. Une croissance plus équitable dans la mesure où elle profite d'abord aux cultivateurs et à leurs familles.

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