Les aliments et les pays les plus touchés par les contaminations OGM

Contamination OGM Fortuits ou frauduleux, près de 400 cas de contaminations de plantes ou animaux par des organismes génétiquement modifiés ont été recensés dans le monde depuis 1997.

Les cultures OGM à vocation commerciale sont apparues en 1996 et avec elles les craintes de contaminations. Les ONG Greenpeace et GeneWatch ont du coup établi un registre qui recense tous les incidents officiellement avérés impliquant des produits agricoles génétiquement modifiés. Des "incidents" qui incluent :
 la commercialisation d'aliments OGM non autorisés par la législation du pays
 la présence d'OGM dans les produits supérieure à la limite autorisée (par exemple 0,9% pour l'Europe)
 les cultures non autorisées de plantes OGM
 la contamination de plantes OGM à des cultures environnantes ou dans des zones non délimitées

Résultat, entre 1997 et fin 2013, quelques 396 "incidents" impliquant 20 espèces ont été recensés, selon une étude publiée dans l'International Journal of Food Contamination à partir du registre des deux ONG.

Les produits agricoles les plus touchés par des contaminations OGM
RangPlante ou animal concernéNombre de cas
Source : GM contamination Register
1Riz134
2Maïs98
3Colza40
4Soja37
5Lin26
6Papaye18
7Coton14
8Poisson5
9Gazon4
10Porc4
11Betterave à sucre4
12Arabidopsis thaliana3
13Pomme de terre2
14Luzerne1
15Prune1
16Tomate1
17Blé1
18Courgette1
19Miel (pollen)1
20Cerise, kiwi, olivier1
Curieusement, c'est le riz qui est le plus concerné, avec 134 cas de contamination, soit un tiers du total des incidents. Contrairement au maïs ou au soja OGM, dont la culture commerciale est largement répandue, aucun riz génétiquement modifié n'est pourtant autorisée à la vente dans le monde. La quasi-totalité des cas recensés pour le riz proviennent ainsi de deux espèces, le "LLRICE", un riz tolérant aux herbicides de Bayer, et le "Bt63", une espèce résistante aux pesticides développée par des scientifiques chinois. Ce Bt63 a été cultivé illégalement par des agriculteurs en Chine et s'est retrouvé en Europe dans des produits importés en 2006 et 2007.

Un grand nombre de cas ne signifie pas forcément qu'une culture est très contaminée, mais aussi qu'elle est plus surveillée

En deuxième position arrive le maïs (25% des cas), suivi de l'huile de colza, du soja et du lin. Plus rare mais plus original, le cas de la papaye OGM résistante à un virus, qui n'a jamais été autorisée à la culture et s'est pourtant retrouvée dans des champs en Thaïlande dans les années 2003 à 2006. Il s'est avéré que le laboratoire (public) de recherche qui l'avait mise au point avait vendu frauduleusement des semences génétiquement modifiées à des paysans sans leur signaler.

Il faut toutefois faire attention à l'interprétation de ces données. Un grand nombre de cas ne signifie pas forcément qu'une culture est la plus contaminée, mais aussi qu'elle est la plus surveillée. Le riz étant la céréale la plus consommée dans le monde et massivement présente dans les échanges mondiaux, elle est particulièrement surveillée par les autorités. D'autres facteurs influencent le nombre d'incidents reportés : la biologie de la plante, plus ou moins sensible à une pollinisation croisée accidentelle, l'importance des surfaces cultivées ou la classification de la plante en tant qu'aliment ou non par les autorités des différents pays (les produits alimentaires étant plus soumis à des contrôles que les autres).

La moitié des contaminations concerne 11 pays

Les quatre pays les plus affectés par des cas de contaminations OGM sont l'Allemagne (37), Les Etats-Unis (27), la France (24) et le Royaume-Uni (19). Un classement qui ne correspond pourtant pas du tout à celui des pays qui cultivent le plus de surfaces OGM. En France par exemple, seules quelques cultures expérimentales sont autorisées.

La prédominante des Etats européens s'explique avant tout par l'existence d'une base de données officielle propre à l'Europe, le RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed), qui détaille chaque incident signalé. Cette base de données est intégrée à celle du registre et représente 60% de la totalité des cas. L'UE est la seule région du monde à posséder une telle base de données. Cette carte donne aussi une bonne indication du niveau de sensibilité des citoyens à la question des OGM. On sait que le sujet est particulièrement délicat en France, d'où le zèle des autorités pour renforcer les contrôles. A l'inverse, l'Inde ou la Corée du sud, où les biotechnologies sont communément admises par la population, semblent moins pointilleuses.

A noter

Le registre des contaminations OGM est établi à partir de tous les cas signalés par les autorités, les entreprises, les medias ou les organisations internationales. Ne sont comptabilisés que les cas officiellement avérés par des tests scientifiques. Il inclue aussi la base de données de l'Union européenne, le RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed). Toutes les contaminations se rapportant à la même lignée ou origine sont comptabilisés comme un seul cas. Le registre n'est pas exhaustif et les auteurs reconnaissent volontiers que "de nombreux cas de contamination demeurent indetectés ou non signalés".

 

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