Colonisation agricole : l'état des lieux L'impossible régulation

la fao prépare des directives pour clarifier les transactions de terres.
La FAO prépare des directives pour clarifier les transactions de terres. © FAO/Jon Spaull/FAO

Les organisations mondiales et les ONG commencent à s'alarmer de l'ampleur du rachat des terres agricoles. Le problème, selon elles, c'est que ce sont les gouvernements des pays hôtes qui négocient directement les accords avec les investisseurs, sans consulter les populations concernées.

Or, en Afrique, "80 % des populations sont dépourvues de titres pour des terres qu'elles cultivent parfois depuis des siècles", explique Paul Mathieu, expert à la FAO, au site Pleinchamp.com. Au Kazakhstan aussi, les terres appartiennent encore majoritairement à l'Etat et sont louées par les paysans. Il est donc facile de les déloger.

"Pour que ces investissements soient une opportunité pour les populations, il faut qu'ils permettent un réel développement rural [...] et une diversification des sources de revenus pour les paysans", analyse Paul Mathieu.

La FAO prépare actuellement des directives pour "une gouvernance responsable" des modes de faire-valoir des terres, en collaboration avec ONU-Habitat et la Banque mondiale. "D'autres formes d'investissement comme l'agriculture contractuelle et les mécanismes de sous-traitance, peuvent offrir la même sécurité d'approvisionnement aux pays investisseurs", note la FAO. Dont les directives n'ont aucun pouvoir contraignant...

Sous-traitance