Fraude alimentaire : voici les produits les plus touchés

Fraude alimentaire Etiquetage falsifié, appellations d'origine usurpées, substitution par des ingrédients à bas coût... Les arnaques se multiplient.

Jusqu'ici, les contrôles en matière d'alimentation s'étaient focalisés sur la sécurité sanitaire des produits. Mais ces dernières années, on a pu noter une recrudescence des cas d'étiquetage frauduleux de denrées alimentaires, s'inquiète un rapport du Parlement européen paru fin 2013.

 

Quelles sont les fraudes les plus constatées ? Les voici :

le remplacement d'ingrédients de base par des substituts moins onéreux

une mention erronée de l'espèce animale utilisée dans un plat à base de viande

une mention erronée du poids

la vente de produits ordinaires comme étant issus de l'agriculture biologique

l'utilisation injustifiée d'appellations d'origine ou labels de qualité

la vente de poisson issu de l'aquaculture comme ayant été pêché à l'état sauvage

la contrefaçon et la commercialisation de denrées après leur date de péremption.

 

Les contrôles ont révélé l'utilisation de sel de voirie à la place de sel alimentaire...

Outre le cas désormais célèbre de la viande de cheval vendue comme du bœuf, les contrôles ont mis par exemple en évidence l'utilisation de sel de voirie comme du sel alimentaire ou d'alcool contenant du méthanol dans les spiritueux.

Mais les produits les plus touchés par la fraude ne sont pas forcément ceux que l'on croit. L'huile d'olive, le poisson et les aliments biologiques présentent ainsi le plus de risque de faire l'objet de fraude, d'après les travaux et les informations recoupées par la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen.

Les aliments qui risquent le plus de faire l'objet de fraude
RangProduit
Source : Parlement européen
1Huile d'olive
2Poisson
3Aliments biologiques
4Lait
5Céréales
6Miel et sirop d'érable
7Café et thé
8Epices (safran, poudre de chili)
9Vin
10Jus de fruits

En Italie, la fraude à l'huile d'olive serait un sport national, comme le rapportait une enquête du quotidien italien La Repubblica en 2012. Quatre bouteilles sur cinq étiquetées huile d'olive extra-vierge italienne seraient coupées avec de l'huile étrangère bon marché. Un business ultra-rentable selon le journal, qui décrit un véritable cartel "où quelques gros joueurs contrôlent les prix et le marché". Le rapport de la Commission s'inquiète d'ailleurs lui aussi de l'implication de plus en plus importante d'organisations criminelles dans la fraude alimentaire.

Quatre bouteilles sur cinq étiquetées huile d'olive extra-vierge italienne seraient coupées avec de l'huile étrangère bon marché

Concernant le poisson, une enquête publiée par le magazine Terra eco en 2014 montre que le thon rouge et le cabillaud sont les espèces de poisson où la substitution est la plus fréquente. Le cabillaud, qui représente 17 % des achats de poissons frais des Français, est par exemple remplacé dans 4,2 % des cas par de l'églefin ou du merlu.

"Le risque de fraude est d'autant plus élevé lorsque le risque de se faire prendre est restreint et que le gain économique potentiel est élevé", rappelle la Commission, qui déplore "l'inefficacité du régime répressif, caractérisé par des sanctions relativement faibles et de grandes différences entre les Etats membres".

Pour contre le phénomène, le rapport préconise un renforcement des moyens de l'Office alimentaire et vétérinaire, davantage de coopération entre les Etats dans les enquêtes transfrontalières, une surveillance accrue des organismes chargés des contrôles et certifications, l'obligation pour les industriels de rapporter les cas de fraude ou encore des sanctions beaucoup plus sévères.

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