Allianz fait les yeux doux aux véhicules semi-autonomes

Persuadé de l'essor prochain des systèmes de conduite intelligents, notamment grâce aux pouvoir publics, l'assureur espère profiter de leur impact sur la sinistralité... et collecter des data.

Dans la course à l'assurance de la voiture sans chauffeur, il vise la pole position. Allianz France veut dès à présent être l'interlocuteur privilégié des conducteurs des véhicules semi-autonomes fraîchement arrivés sur le marché : "Nous sommes les premiers à nous engager sur cette voie en proposant depuis cet été jusqu'à 25% de réduction sur leur prime d'assurance, selon la part des garanties dommages et responsabilité civile dans le contrat", affirme François Nédey, directeur technique assurance de biens et de responsabilités d'Allianz France.

"Nous avons observé que le freinage automatique en centre-ville réduisait la fréquence des réparations de 50 à 80%"

Pour prétendre à cette ristourne, l'assuré doit avoir choisi un modèle équipé d'au moins l'un de ces dispositifs : un système de freinage d'urgence autonome, un dispositif de stationnement automatique capable de gérer la direction comme l'accélération et le freinage (à l'exception des radars par ultrasons et/ou caméra de recul) ou un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction automatisée de freinage.

Ces ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) sont les plus efficaces selon le centre de recherche européen de l'entreprise, qui assure avoir réalisé de nombreux tests depuis deux ans pour mesurer leur impact sur la sinistralité : "Nous avons notamment observé que le freinage automatique en centre-ville réduisait la fréquence des réparations de 50 à 80% selon les pays et en atténuait considérablement la sévérité car les chocs sont moins brutaux à faible vitesse", explique François Nédey. Même constat pour le parking automatique, qui diminue d'autant les petits accidents de tôle selon Allianz.

"2 500 polices d'assurances spéciales véhicule semi-autonome ont été souscrites depuis le lancement de l'offre"

Selon le responsable d'Allianz France, il ne s'agit donc pas là d'un effet d'annonce ni d'un coup marketing mais plutôt d'une stratégie visant à attirer les conducteurs les plus vertueux, et donc les moins coûteux : "Les clients qui payent plus chers pour avoir ces dispositifs, soit en moyenne 2 à 3 000 euros supplémentaires, sont des conducteurs qui se préoccupent particulièrement de leur sécurité. C'est pourquoi nous voulons les attirer au plus vite et les fidéliser." Et ce même si leurs véhicules bardés de capteurs - entre 12 et 20 selon Allianz – sont beaucoup plus chers à réparer en cas d'accident.

Conscient que ces technologies sont pour l'instant marginales, il se montre confiant quant à leur avenir : "Même si elles vont se diffuser lentement, à la vitesse du renouvellement du parc, nous sommes convaincus que les autorités vont être amenées à financer ces équipements et contribuer à leur démocratisation." 

"C'est l'occasion de récupérer des données sur les usages de ces assurés et d'avoir une longueur d'avance sur nos concurrents"

Pour lui, le succès est même déjà au rendez-vous : "2 500 polices d'assurances spéciales véhicule semi-autonome ont été souscrites depuis le lancement de l'offre. C'est plus que ce que nous avions prévu et nos agents nous disent qu'ils ont gagné des clients qui ont été sensibles au fait que l'assurance reconnaisse leur effort de sécurité."

Une goutte d'eau au milieu de l'océan des 5 millions de clients d'Allianz France, mais là n'est pas l'essentiel selon François Nédey : "C'est l'occasion de récupérer des données sur les usages de ces assurés et d'avoir une longueur d'avance sur nos concurrents. Nous aurons plus d'expérience qu'eux quand ils arriveront sur le marché."

 

A lire aussi

 

ALLIANZ / Transport intelligent