Les nouveaux acteurs de l'industrie automobile Ces constructeurs chinois qui montent, qui montent...

Une fois encore, c'est en Chine que tout se passe. Non seulement l'empire du Milieu est devenu le premier marché automobile du monde – sur les 72 millions de véhicules qui devraient être écoulés en 2014, 32 millions le seront au pays de Mao, selon la banque canadienne Scotia – mais les constructeurs chinois se lancent désormais à l'international.

La Chine exporte 12 fois plus de véhicules qu'il y a dix ans

La Chine exporte en effet 12 fois plus de véhicules qu'il y a dix ans, même si les ventes à l'étranger de voitures made in China ont reculé de 7,5% sur un an en 2013, à 977 300 unités. Sans compter que les fabricants d'automobiles chinois renforcent depuis peu les liens qu'ils avaient déjà noués avec leurs homologues, notamment en Europe.

Impossible d'aborder ce sujet sans consacrer quelques lignes à Dongfeng Motor, ce groupe d'Etat fondé à la toute fin des années 1960 qu'on ne présente plus, tant sa récente entrée au capital de PSA à hauteur de 14%, pour 800 millions d'euros, a fait de bruit.

philippe varin et ping xu, les patrons de psa et dongfeng.
Philippe Varin et Ping Xu, les patrons de PSA et Dongfeng. © PSA

Une prise de participation qui intervient alors que le Chinois venait tout juste de créer une coentreprise avec Renault, principal concurrent de PSA. Décidemment, donc, Dongfeng ne se refuse rien. L'accord qu'il a conclu avec la marque au lion lui permettra de mettre une roue de plus en Europe et surtout d'accéder aux technologies PSA. Le groupe de Wuhan, la métropole dans laquelle il est implanté, s'est fixé pour objectif d'écouler 3,8 millions de véhicules en 2014 (contre 3,3 millions en 2013) et 4,5 millions en 2015.

Le constructeur BAIC Motor est lui aussi très en vue. Daimler a d'ailleurs annoncé fin 2013 qu'il comptait prendre une participation à hauteur de 12% dans le manufacturier chinois fondé en 1958, alors que ce dernier devrait être introduit en Bourse au deuxième trimestre 2014.

BAIC Motor, avec qui Daimler avait déjà créé une coentreprise (Beijing Mercedes-Benz Sales Service), constitue une tête de pont rêvée pour le groupe allemand, plus que jamais désireux d'accroître sa présence en Chine, à l'heure où le marché local est dominé par les marques haut de gamme.

Et les liens entre les deux fabricants pourraient encore se renforcer. Même si rien n'a encore été décidé, Dieter Zetsche, le patron de la firme de Stuttgart a laissé entendre en fin d'année dernière qu'il ne serait pas contre l'entrée de BAIC Motor dans son capital. Affaire à suivre.

Autre industriel chinois à avoir le vent en poupe, BYD (Build Your Dreams), un fabricant de batteries fondé en 1994 qui s'est lancé dans la construction automobile en 2003 et spécialisé depuis dans les véhicules électriques. Son ambition ? Equiper le monde en taxis et bus électriques.

BMW et Daimler se sont chacun associés à des constructeurs chinois pour lancer des marques premium sur le marché local

BYD fournit déjà des bus électriques, assemblés dans son usine de Lancaster, à l'opérateur des transports publics de Los Angeles. La berline électrique e6 du Chinois, détenu à 10% par Berkshire Hathaway (la holding de Warren Buffett), a également intégré la flotte d'un opérateur privé de taxis à Londres mi-2013 et, plus récemment, celle d'un exploitant de taxis de Rotterdam.

A noter aussi que le premier modèle de la marque Denza, lancée par BYD et Daimler – encore lui – dans le cadre de leur coentreprise, devrait être commercialisé à l'été 2014. Les premières concessions de cette marque de véhicules électriques spécialement destinée au marché chinois ouvriront leur porte au même moment dans les villes de Pékin, Shanghai et Shenzhen.

Dans la même veine, BMW et le constructeur chinois Brillance ont annoncé l'an dernier le lancement de Zinoro, leur marque premium chinoise, elle aussi destinée au marché local.

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