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Tony Blair a massivement eu recours à des cabinets
privés pour sa communication et la définition de sa politique. Inimaginable
en France ? Photo © number-10.gov.uk
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En plein boom, le secteur public devrait continuer sur sa lancée dans les prochaines
années.
La fusion de la Direction Générale de Impots (DGI) avec la comptabilité
publique (DGCP), ou celle de ANPE et de l'UNEDIC attisent déjà les appétits.
Chez Accenture, on est déjà dans les starting-blocs pour cette dernière, d'autant
plus l'entreprise a déjà travaillé sur le projet équivalent en Allemagne.
Avec les élections municipales qui se profilent, plusieurs marchés vont s'ouvrir
dans le cadre des "audits de début de mandat". Lors des dernières élections
municipales en 2001, de nombreuses villes ont fait appel à Ernst&Young pour faire
un point sur leur situation financière avant de lancer leurs projets, la plus
emblématique étant la mairie de Paris suite à l'élection de Bertrand Delanoë.
La France en retard
Quand on compare la France à ses voisins européens, la marge de progression
semble énorme. "Au niveau mondial, le secteur public représente 30% de notre activité",
explique Marc Billard, de CapGemini. "En France on est seulement à 12% ou 15%".
Chez Ernst&Young, qui a déjà participé à des missions pour le compte de l'Union
Européenne ou de la Banque Mondiale, on imagine déjà les futurs chantiers possibles.
"Les partenariats public-privés pour la construction et l'exploitation de prisons,
autoroutes ou hôpitaux, sont par exemple beaucoup plus répandus à l'étranger"
assure Arnauld Bertrand.
En Angleterre, des pans entiers du secteur public sont externalisés à des sociétés
privées. "Dans le secteur informatique, l'investissement est 2 à 3 fois
inférieur en France pour le service public par rapport aux autres pays" explique
Bernard Le Masson, responsable de l'entité chez Accenture.
Les cabinets privés en conseillers de communication
Dernier tabou, le recours au conseil pour la communication politique. Tony
Blair a ainsi fait appel au cabinet Mc Kinsey pour définir le programme du New
Labour et ses orientations stratégiques. Inimaginable en France ? Pas sûr : selon
Françoise Larpin, Jean-Pierre Raffarin avait envisagé de se faire conseiller par
un cabinet privé lorsqu'il était Premier ministre. Et lors de la campagne présidentielle,
l'UMP a eu recours à plusieurs séances de formation avec des consultants du cabinet
international Boston Consulting Group pour apprendre à reformuler les propositions.