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A chaque destination, une carte. Ici la carte Afrique noire de Symacom. Photo © Symacom
 

Interrogez seulement quatre sociétés de cartes téléphoniques prépayées, cumulez les parts de marché qu'elles prétendent détenir... et vous obtiendrez 120%. L'opacité du marché des calling cards a le don de déstabiliser les statisticiens les plus endurcis. Même l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) se refuse à l'évaluer. Elle préfère l'englober dans le marché des "cartes d'abonnés et prépayées", évalué à 208 millions d'euros en 2006.

Seule certitude (et encore, contestée par certains acteurs), France Télécom est le leader du secteur. Selon Mireille Lascaux, directrice du marketing résidentiels de l'entreprise, l'opérateur historique détient 30% du trafic et 45% des tickets vendus chez les buralistes, l'un des multiples distributeurs que compte le secteur.

Derrière France Télécom suivent, pas forcément dans l'ordre, Iradium, Symacom, Kertel et Télé2, les trois premières s'arrogeant tout de même au moins 30% du trafic.

"Dans ce monde, il n'y a pas de relations, pas d'affinités entre les entreprises."

Les acteurs des calling cards reconnaissent bien volontiers l'imprécision générale. Erik Attias, président d'Iradium, explique "prétendre détenir" 30 à 35% de part de marché, ce qui ne lasse pas d'étonner un concurrent qui estime "vendre deux fois plus de cartes". De son côté, Mesrop Yeremian, PDG de Symacom, arrivée sur le marché en 2003, déclare "estimer" sa part de marché à 33%. Seul Proximania, propriétaire depuis peu de Kertel, se montre sûr de lui en se désignant "deuxième acteur français du marché avec plus de 35% de parts de marché".

Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des secteurs bien établis (celui des calling cards fête cette année ses dix ans), aucun groupement, association ou réseau professionnel ne s'est créé pour démêler tous ces chiffres. Pour Erik Attias, "dans ce monde, il n'y a pas de relations, pas d'affinités entre les entreprises". Et d'ajouter, sans vouloir en faire une explication, que "la concurrence a longtemps été féroce".


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