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Erik Attias, PDG d'Iradium. Photo © Iradium
 

Curieuse matière première : dans le secteur des cartes prépayées, ce que l'on achète, ce que l'on vend, ce sont des minutes. Des minutes par millions à destination de tous les pays du monde. Il s'agit de répondre aux besoins "des premières et deuxièmes générations d'immigrés, qui ont un lien affectif très fort avec leurs pays d'origine", explique le PDG d'Iradium, Erik Attias.

Chaque mois, sa société vend entre 50 à 60 millions de minutes réparties dans près d'1 million de cartes, assure-t-il. Premières destinations, dans l'ordre : le Maghreb, avec une forte dominance de l'Algérie, l'Afrique noire, l'Europe de l'Est.

Pour obtenir ces minutes, et surtout les acheter au meilleur prix, les sociétés comme Iradium ou Symacom achètent en gros des minutes directement auprès des grands opérateurs : France Télécom bien sûr, mais aussi NeufCegetel, British Télécom, Deutsche Telecom, Colt ou encore Global Crossing. Ensuite, via leurs propres centres techniques, ils se connectent aux réseaux.

Entre opérateurs, la concurrence fait rage. Il s'agit d'obtenir le meilleur prix mais aussi la meilleure qualité.

"Nous négocions pratiquement tous les jours, en particulier en début et fin de semaine", explique Mesrop Yeremian, président de Symacom et ancien directeur commercial chez Sagem et EADS. Entre opérateurs, la concurrence fait rage. Il s'agit d'obtenir le meilleur prix mais aussi la meilleure qualité. Selon les "routes" empruntées par les communications, selon le nombre de réseaux utilisés et selon la fiabilité de ces derniers, les appels peuvent subir grésillements et micro-coupures, voire ne jamais arriver. Les taux de réussites des appels vers certaines destinations sont aussi très variables. A destinations de l'Algérie, 65% de réussite est un maximum. A destination de Cuba, la meilleure qualité donne... 25% de réussite.

Chez France Télécom, on ne connaît pas ces difficultés. Les minutes vendues sont celles de l'opérateur. "La qualité de notre réseau est reconnue comme la meilleure : il n'y a ni micro-coupures ni grésillements", promet Mireille Lascaux. Pour éviter de décevoir ses clients, Symacom, elle, est obligée d'employer deux personnes à plein temps pour tester en laboratoire les minutes de communication.

La distribution ethnique

Autre particularité de la profession, les circuits de distribution. Pour ses "Tickets téléphone international" et autres "Ticket téléphone Maghreb", France Télécom se contente de points de vente classiques : la Banque postale, les buralistes, les agences France Télécom, les magasins Relay (soit 30.000 points de vente en tout) et l'Internet. En revanche, ses concurrents passent également par ce que Erik Attias appelle la "distribution ethnique", à savoir la multitude de call box, d'épiceries et autres petits commerces qui fourmillent dans les quartiers populaires de Paris et des autres grandes agglomérations françaises.

Un réseau pas toujours évident à gérer. Chez Symacom, 6 personnes passent leurs journées à veiller à ce que les cartes "Algérie" ou "Sourire d'Afrique" soient correctement exposées et surtout que les bons tarifs soient indiqués. "Chaque mois, 2.800 revendeurs reçoivent de nouvelles affiches de tarifs", explique Mesrop Yeremian, qui dépense 20.000 euros par mois en marketing.


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