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Site de production du groupe Head à Kennelbach, en Autriche Photo © Images Head
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| "Le secteur des loisirs souffre depuis dix ans" |
Après une vague de popularité dans les années 1980, la pratique du tennis a
connu un net reflux dans la décennie 1990. Aujourd'hui le marché des produits
pour le tennis est relativement stable. La baisse de 5% en 2006 fait suite
à une hausse similaire l'année précédente. Les équipementiers ont vendu aux
magasins français l'an passé 710.000 raquettes (23 millions d'euros) et 14,4 millions
de balles (12 millions d'euros).
Leader sur le marché hexagonal de la raquette avec 37,2 % de parts de marché,
Head a vu son chiffre d'affaires diminuer de 2,5 % l'an dernier. "Si les
ventes aux joueurs de compétition restent stables, le secteur des loisirs souffre
depuis une dizaine d'années, reconnait Nicolas Fauré, chef de produit raquettes
à Head France. La pratique du tennis est marquée par un turn-over de 30 %". Sur
1,1 million de licenciés en France, seuls 300.000 sont des compétiteurs. Ceux-là
renouvellent leur raquette en moyenne tous les deux ans. Cette durée monte entre
6 et 8 ans pour les non-compétiteurs. Des joueurs moins assidus, qui reprennent
moins facilement leur licence d'année en année et qui sont plus
infidèles à la balle jaune pour rejoindre les rangs de pratiquants de badminton
ou de squash.
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Andy Roddick joue avec une raquette Babolat. Photo © Babolat
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| "Les joueurs ont une réelle influence sur les consommateurs" |
Innovation et communication
Si le marché de l'équipement souffre, certains parviennent cependant à tirer leur épingle du jeu. Fondé en 1875 au lendemain de l'établissement des règles du tennis, Babolat n'a longtemps produit que du cordage. En 1994, la marque lyonnaise se lance dans les raquettes. En 2003, elle sort ses premières paires de chaussures. Des tennis évidemment. "Pendant longtemps, les tennismen jouaient avec nos produits sans le savoir, explique Eric Babolat, le PDG. Nous sommes la plus vieille marque du tennis, mais les joueurs nous perçoivent comme une marque de jeunes." Grace à ces nouvelles activités, le chiffre d'affaires atteint 85 millions d'euros en 2006, contre 68 millions l'année précédente. Le cordage, qui souffre du développement des raquettes déjà cordées, ne représente plus que 20% du chiffre d'affaires quand les chaussures atteignent déjà 15 % et les raquettes 50 %.
Sur ce marché en stagnation, la compétition entre équipementiers s'exerce dans
l'innovation et dans la visibilité de la marque. Babolat consacre ainsi 10
% de son chiffre d'affaires à la R&D et autant à la communication, dont une
partie importante concerne les contrats avec les joueurs. Andy Roddick et Raphael
Nadal utilisent les raquettes Babolat. Amélie Mauresmo et Richard Gasquet jouent
en Head. "Les joueurs ont une réelle influence sur les consommateurs", explique
Nicolas Fauré. Son groupe, Head, consacre 10 % de son chiffre d'affaires aux
contrats avec les sportifs. "Notre plus jeune joueur sous contrat a 5 ans."