Histoire de confirmer sa position incontournable dans le capitalisme français, et non content de détenir 3,9% de Total, 8 de Suez et 13,2 de Lafarge via le Groupe Bruxelles Lambert, Albert Frère a augmenté le capital de la société de près de 710 millions d'euros en 2006. L'année même où il prenait la décision de céder 25,1% des ses parts dans le n°1 allemand de l'audiovisuel, Bertelsmann (RTL, M6…) pour 4,5 milliards d'euros et une jolie plus value en prime.
Un actionnaire influent
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| Albert Frère détient plus de 50% du leader mondial de la valorisation des minéraux, Imerys. Photo © CNP |
Si avec le Groupe Bruxelles-Lambert, Albert Frère partage tous les dividendes et d'éventuelles plus-values avec Paul Desmarais, le belge est influent dans quatre grandes sociétés industrielles françaises. Et pas des moindres: Imerys, le leader mondial de la valorisation des minéraux (3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, plus de 300 millions d'euros de bénéfices) dont les performances se sont envolées l'année dernière (+ 7,8% sur le résultat courant net au premier semestre). Mais aussi Total: si le groupe pétrolier est aujourd'hui le quatrième mondial, Albert Frère n'y est pas étranger. Actionnaire important du belge Petrofina en 1981, il fut courtisé dans les années 1990 à la fois par Elf et Total. Total emporte son adhésion. 5% d'une major valent mieux que 20% d'un groupe plus modeste. La suite est connue. Le Carolo opérera de la même façon pour entrer dans la capital de Suez. Actionnaire de l'électricien belge Tractabel, il échange ses actions contre celles de Suez et est à l'origine de la naissance du géant énergétique.
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| L'homme d'affaires est un actionnaire incontournable pour Suez. Photo © CNP |
Plus récemment, son soutien au projet de fusion avec GDF a été déterminant. Sans lui, aucun accord n'aurait pu être envisagé.
Mais dans ses affaires, il laisse parfois planer le doute sur ses intentions. Comme avec le cimentier Lafarge, dont il a d'abord pris 6% puis 9 et enfin 13% aujourd'hui sans jamais dévoiler ses intentions. Il ne veut pas entrer au conseil d'administration, afin de garder sa liberté de mouvement. Mais qui s'y trouve ? La BNP Paribas. Car c'est un principe chez lui depuis qu'il est entré dans la finance.
Il n'aime pas les strapontins. Quand il entre dans le capital d'une entreprise, c'est pour y exercer une certaine influence.