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| Dans les actifs d'Albert Frère, le prestigieux domaine Cheval Blanc. Photo © CNP |
Détenue en majorité par Albert Frère, la Compagnie nationale à portefeuille est gérée par 25 personnes depuis la Belgique. L'étendue et la hauteur des participations du Belge à travers cette holding révèle le célèbre adage de l'homme d'affaires. "Petit actionnaire, petit con, gros actionnaire, gros con". Quand Albert Frère prend des participations dans une société, c'est pour être majoritaire. Et pour ce faire, l'homme d'affaires n'hésite pas à multiplier les coups. Et il faut suivre ce diable d'homme ! Décembre 2005: il rachète le groupe Flo (Hippopotamus et la Coupole, à Paris) à hauteur de 35%. Avril 2006, le voici en Italie où il acquiert 20% de la Banca Leonardo. Dans la foulée il prend 6% d'Eiffage (menacée d'une OPA) avant de les céder six mois plus tard. Entre temps, il n'a pas hésité à débourser, histoire de se détendre sans doute, 6 millions d'euros à parité avec son ami (et voisin à Saint-Tropez) Bernard Arnault pour reprendre un vignoble de Saint-Emilion, La Tour du Pin Figeac. Avec cette acquisition, c'est un second grand cru qui tombe dans l'escarcelle du Carolo après celui de Cheval Blanc (50%). "Contrairement aux hommes d'argent qui multiplient les tentations entre la politique, la presse, le football, Albert Frère n'en a aucune. Il n'a que le vin, mais c'est une danseuse qui lui rapporte aussi de l'argent," décrit José-Alain Fralon, biographe de l'homme d'affaires. A chaque coup qu'il réalise, il sort une bonne bouteille.
Un actionnaire influent
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| Albert Frère détient 35% du groupe Flo. Photo © CNP |
"Albert Frère, c'est avant tout un extraordinaire commerçant." Acheter et revendre plus cher. S'il peut faire des acquisitions par amitié ou par goût, elles ne sont jamais désintéressées. Il saura toujours les revendre au bon moment. Pour entrer dans le capital des sociétés qu'il convoite, le mode opératoire d'Albert Frère est chaque fois identique: faire une OPA amicale d'entreprises saines qui vivent des difficultés financières importantes mais temporaires. Dès qu'il annonce ses intentions ou ses réalisations, l'homme d'affaires précise toujours que sa démarche se fait en bonne entente avec le management des groupes dans lesquels il a jeté son dévolu. Et son influence devient réelle dans des sociétés de taille mondiale, 1,3% de Total (indépendamment de celles qu'il détient via le Groupe Bruxelles Lambert), ou nationale, avec 5% chez M6 (des parts qu'il a racheté à Suez quand le groupe énergétique s'est désengagé de la chaîne) ou Entremont; 63,1%, le premier producteur européen de fromages. A travers la Compagnie nationale à portefeuille, Albert Frère poursuit la même ambition, tel un paysan auvergnat. Arrondir sa galette. Du coup il recherche une croissance équilibrée des valeurs de son portefeuille à long terme. Avec une exigence, la distribution de conséquents dividendes.
Aujourd'hui, le montant de sa fameuse "galette" s'établit à près de 3 milliards d'euros en propre et autour de 20 milliards avec la famille Desmarais (Groupe Bruxelles Lambert).