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| Photo © JDN / Cécile Debise |
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"Notre pays est confronté à deux grands changements : la mondialisation et le vieillisement" |
Pourquoi les réformes sont-elles si urgentes que vous l'écrivez ?
Michel Pébereau.
Parce que notre pays est aujourd'hui confronté à deux grands changements qui nécessitent des adaptations rapides si nous voulons améliorer nos perspectives de croissance et de niveau de vie. D'abord le vieillissement de notre population, qui, du fait de la réduction de notre population active, aura pour double conséquence de peser sur notre croissance potentielle déjà insuffisante, et d'alourdir les charges de nos régimes de retraite et d'assurance maladie. Ensuite, la mondialisation, source de problèmes, mais aussi d'opportunités de croissance supplémentaire. Les entreprises françaises se sont largement adaptées pour saisir ces opportunités. Mais la France a pris du retard sur ses concurrents européens et américains dans la mise en oeuvre des réformes de la sphère publique nécessaires pour attirer emplois et investisseurs.
Le livre souligne un "risque financier majeur" pour la France. Quel est-il ? Croyez-vous comme Philippe Jaffré que la France peut faire faillite ?
L'ouvrage de Philippe Jaffré et Philippe Riès est utile car il permet d'alerter l'opinion sur les dangers de la poursuite de l'endettement public. Mais le scénario d'une faillite assez proche des administrations publiques est romanesque. C'est vrai que la poursuite de nos pratiques des dix dernières années nous conduirait à des taux d'endettement public insupportables : 100 % du PIB dès 2014, 200 % en 2030 etc. Mais le vrai risque, si nous continuons à céder à la facilité de la dette,
c'est qu'une hausse un peu durable des taux d'intérêt, par rapport à leur
niveau actuel qui est très bas, contraigne un jour l'Etat, pour reprendre le
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Photo © JDN / Cécile Debise
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"Nous consacrons chaque année 40 milliards d'euros au paiement des seuls intérêts de la dette" |
contrôle de ses finances publiques, à de brutales politiques de rigueur
qui remettraient en cause toute une partie de notre modèle social et nos perspectives de croissance. C'est ce qu'il faut éviter. Songez que déjà, nous consacrons chaque année 40 milliards d'euros au paiement des seuls intérêts de la dette publique, ce qui en fait la deuxième "mission" budgétaire de l'Etat, après l'Education nationale mais avant la Défense. La charge de ces intérêts mobilise tout le produit de l'impôt sur le revenu.
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