Journal du Net > Economie  Untitled Document > Entretien avec Michel Pébereau
Photo © JDN / Cécile Debise
"Nos responsables politiques doivent faire en sorte que le débat public pose vraiment les problèmes économiques"

La faute de ce "recours systématique à la dépense" revient-elle aux gouvernants, régulièrement égratignés dans l'ouvrage ?
Michel Pébereau. Non, ce sont bien nos pratiques collectives que nous mettons en cause. Cela dit, il appartient à nos responsables politiques de faire en sorte que le débat public, notamment celui qui précède les élections, pose vraiment les problèmes économiques et sociaux qui sont déterminants pour notre avenir. C'est la seule façon de donner au gouvernement la légitimité politique nécessaire pour traiter ces problèmes quand il le faut.
Rappelez-vous 1988 : le thème de la campagne était "ni nationalisation, ni privatisation", ce qui n'est pas un programme pour traiter des problèmes de croissance et d'emploi. En 1995, ce fut la fracture sociale : comme il n'a pas été question du problème du financement des régimes sociaux, le gouvernement n'a pas pu ensuite le traiter. Une partie de l'opinion s'est opposée à un projet dont la nécessité n'avait pas été évoquée avant l'élection. En 2002 aussi, le débat a évité les vrais problèmes en raison des circonstances : les réformes ont été ensuite difficiles et limitées. Il est urgent que les problèmes que nous avons recensés dans notre ouvrage soient traités. Pour cela, il faut absolument qu'ils soient évoqués dans le débat électoral actuel.

Les candidats à la présidentielle s'expriment régulièrement. Aujourd'hui, répondent-ils déjà à votre attente ou pas du tout ?
C'est pour qu'ils y répondent que l'Institut de l'entreprise a lancé son projet Débat 2007, avec son site Internet Débat.2007 et son livre "C'est possible ! Voici comment...". Le débat que nous avons organisé à l'occasion de notre assemblée générale, le 17 janvier, entre François Fillon et Michel Sapin, a été à cet égard très encourageant. L'un et l'autre ont, par exemple, considéré que la réduction du poids de la dette publique était indispensable. Le débat était trop bref pour qu'ils apportent, en ce début de campagne, des réponses à chacun des problèmes que nous avons soulevés. Mais il a bien confirmé que se sont des sujets essentiels à leurs yeux.

Un débat confidentiel comme celui-ci est-il vraiment de nature à convaincre les Français ?
Pour les Français, ce qui est important, ce sont les positions que vont prendre les candidats. Il faut que ceux-ci expliquent bien les problèmes qui affectent notre situation économique et sociale et présentent les grandes lignes des solutions qu'ils envisagent. Ce débat est essentiel. D'après un sondage que l'Institut de l'entreprise a fait réaliser début janvier, les Français sont très préoccupés par la situation de l'emploi, des régimes de retraite et d'assurance-maladie, de la dette et des comptes publics, et de l'attractivité de notre territoire. Et ils considèrent que, pour l'instant, le débat électoral n'a pas donné lieu à des propositions convaincantes sur ces différents sujets.

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