Ces distributeurs qui multiplient les usines ...et quelques risques

une conserverie d'intermarché.
Une conserverie d'Intermarché. © Intermarché

Bien sur, un distributeur qui fait le choix de se lancer dans l'industrie "prend le risque de se positionner sur un métier qu'il ne connait pas", relève Fabian Bergès, chercheur en économie à l'Université de Toulouse. Et en contrepartie, le distributeur doit être prêt à assumer des investissements onéreux." "Il y a une nécessaire adaptation", reconnait sur ce point Pierre Deyries. On ne s'improvise pas industriel et défricher ce nouveau métier peut se révéler très gourmand en capitaux. Ce qui peut limiter l'expansion de magasins.

Mais le principal écueil pour un distributeur c'est la demande. "Si elle baisse, cela peut être très dangereux pour lui si il possède ses propres usines", prévient Fabian Bergès. En effet, si dans un schéma idéal, l'usine a un débouché garanti, son distributeur propriétaire, la baisse des achats sur certains produits peut fragiliser ce cercle vertueux et mettre à la fois en danger l'usine, qui n'a pas d'autres clients... et le distributeur qui devra assumer son investissement.

Autant d'inconvénients qui ne semblent pas encore peser sur ces enseignes dont le succès ne se dément pas. A condition de respecter un impératif : être au plus prêt de ses marchés, pour compenser un éventuel surcoût de main d'œuvre par une logistique moins onéreuse. C'est exactement ce que fait Ikea. "Nos usines sont placées au plus prés des marchés qu'elle doivent irriguer. 85% d'entre elles sont en Europe, car cela recouvre la majorité des débouchés", explique Pierre Deyries. Les résultats du suédois plaident pour une telle stratégie.

Ikea / Zara