Journal du Net > Economie  > GDF-Suez: les enjeux de la fusion
Julien Quistrebert, analyste financier, suit les valeurs GDF et Suez chez Richelieu Finance.
"L'action Suez obtiendrait un meilleur prix si la vente se faisait à E.ON ou à Enel"

Pour les actionnaires de GDF et Suez, la donne paraît simple : mieux vaut détenir des titres du premier que du second. Pour les actionnaires de GDF, "il s'agit d'une très bonne opération, grâce à une fusion qui nous paraît très pertinente, avec des synergies importantes", explique Julien Quistrebert, analyste chez Richelieu Finance. Et de rappeler que "l'intérêt des actionnaires rejoint généralement l'intérêt industriel".

Pour l'analyste, la fusion permettra surtout d'acheter du gaz "à des tarifs plus compétitifs dans le cadre de l'ouverture du marché" de l'énergie en juillet 2007. La fusion comble également "deux lacunes". D'abord, "le manque d'accès aux clients particuliers et professionnels de Suez, que GDF pourra pallier grâce à son importante base de données en France". Ensuite, "GDF profitera des capacités de production d'Electrabel. GDF pourra ainsi atteindre rapidement une importante capacité de production électrique et en particulier nucléaire".

Pas d'intérêt à vendre

En revanche, pour les actionnaires de Suez, la parité de une action plus un dividende exceptionnel de 1 euro "peut paraître faible. L'action obtiendrait un meilleur prix si la vente se faisait à E.ON ou à Enel par exemple".

Avec une action GDF cotée à 29 euros contre 34 pour Suez, "il sera compliqué de faire accepter l'opération sans un dividende exceptionnel de 4 euros", prédit Julien Quistrebert. "D'autant que tout le monde a en tête les 39 euros qu'aurait pu proposer Enel" pour le rachat de l'électricien franco-belge. En résumé, "il y a avait un problème juridique et politique. Il reste celui de convaincre les actionnaires qu'il s'agit d'une bonne opération industrielle". Pour autant, les actionnaires de Suez n'ont pas intérêt à vendre. "Il reste des possibilités de négocier le niveau du prix de l'action et de plus, il sera intéressant de faire partie du futur groupe", assure l'analyste. Sur le premier point, Gérard Mestrallet, le PDG de Suez, a fait savoir qu'il restait "à l'écoute du marché".


Restent ceux qui ne seraient actionnaires ni de GDF ni de Suez. Pour eux, Julien Quistrebert livre quelques conseils: "Si l'on croit que la fusion se fera, il vaut mieux acheter des parts de GDF, qui a un meilleur potentiel de hausse. Mais si l'on achète du Suez, les risques à la baisse sont limités, et il y a la perspective du dividende exceptionnel. Et si l'opération échoue, Suez restera une cible pour une éventuelle OPA". Et donc de confortables plus-values. Comme toujours avec la bourse, "tout dépend donc du risque que l'on est prêt à prendre".

Seul regret, pour l'analyste, "que la fusion n'ait pas eu lieu plus tôt. Désormais, les deux entreprises ont pris du retard dans leur intégration, à un an de l'ouverture du marché de l'énergie. Et l'on sait qu'en période d'intégration, les entreprises ont tendances à être moins compétitives." Encore un risque…

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- Richelieu Finance

 

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