En mars dernier, la Food&Drug Administration, l'autorité
sanitaire américaine, a demandé le retrait du Zelnorm (un médicament contre
la constipation) du marché nord-américain, après la découverte de problèmes cardiovasculaires
chez 13 patients. Un manque à gagner de 563 millions de dollars pour le laboratoire
Novartis.
Au mois de juin, c'était Sanofi qui voyait sa demande rejetée pour l'Acomplia,
un médicament contre l'obésité que le laboratoire développait depuis plus de 10
ans, et qu'il avait déjà testé sur 13.000 volontaires.
Des procédures plus longues et plus complexes
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Depuis le retrait de plusieurs médicaments susceptibles
de présenter un danger pour certains patients, la méfiance s'est renforcée
vis-à-vis des produits pharmaceutiques.
Photo © Getty Images
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Depuis le retrait brutal du marché après quelques décès
inexpliqués de la Cérivastatine par Bayer et du Vioxx par Merck, la méfiance
s'est renforcée vis-à-vis des produits pharmaceutiques. Les autorités sanitaires
sont accusées d'attribuer un peu trop facilement les autorisations de mise sur
le marché.
Du coup, les exigences se sont considérablement renforcées vis-à-vis des laboratoires.
Les dossiers réclamés par les autorités de santé doivent être de plus en plus
fournis, et les essais cliniques de plus en plus longs. Les laboratoires doivent
se soumettre à des procédures différentes selon les organismes (AFSSAPS pour la
France, EMEA - Agence européenne pour l'évaluation des médicaments - au niveau
européen, FDA aux Etats-Unis…).
La menace des procédures judiciaires...
Au-delà des autorités de santé, les laboratoires redoutent la multiplication
des procédures judiciaires. Dans le cas du Vioxx par exemple, des milliers de
personnes se sont regroupées en "class action" pour obtenir des dommages et intérêts
de la part de Merck. Le laboratoire a estimé à 5.000 le nombre potentiel de
plaignants aux Etats-Unis des indemnités allant de 50.000 à 3 millions
de dollars par victime, soit une enveloppe totale de 3 à 5 milliards.
Des cabinets d'avocats se sont spécialisés sur ce genre de procédures particulièrement
lucratives.
Du coup, ce sont parfois les laboratoires eux-mêmes qui prennent les devants.
En décembre dernier, Pfizer a brusquement décidé d'abandonner le développement
du Torcetrapib, une molécule pour augmenter le "bon" cholestérol, suite à quelques
décès suspects lors des essais. Le laboratoire avait déjà dépensé presque un
milliard de dollars et a perdu 20 milliards de dollars de valeur boursière
en un jour suite à cette annonce.
... et du déremboursement
Enfin, s'il n'est pas retiré du marché, un médicament reste sous le menace
permanente d'une baisse de prix ou d'un déremboursement pur et simple. En 2006,
plus de 200 médicaments se sont vus déremboursés par la Haute autorité de santé,
chargée d'évaluer le service médical rendu (SMR). Au niveau mondial, le sort de
85 médicaments générant un revenu de 82 milliards de dollars pourrait être remis
en cause, selon PriceWaterhouseCoopers.