Vous avez déjà sûrement reçu dans votre boîte e-mail une publicité pour du
Viagra. Il est fort probable pour qu'il ne vous fasse pas grand effet.
Selon une étude britannique, 44% des comprimés de Viagra achetés en ligne seraient
contrefaits. De manière générale, "plus de 50% des médicaments commandés par
Internet sont faux", estime Christophe Zimmermann, responsable du secteur
contrefaçon à la Direction générale des douanes de la Commission Européenne.
Un trafic particulièrement lucratif
 |
|
|
En mai dernier, les douaniers de Roissy ont saisi près de
50.000 boîtes de faux Viagra,pour une valeur de 3 millions d'euros environ.
Photo © Douane française - Francis Roche
|
|
Mais Internet n'est pas la seule filière de médicaments contrefaits. Si l'Europe
reste relativement à l'abri grâce à une distribution très encadrée, ce n'est pas
le cas dans d'autres pays, particulièrement pour ceux du tiers-monde. Plus de
la moitié des traitements anti-malaria vendus en Afrique seraient ainsi contrefaits.
Il faut dire que le trafic de médicaments contrefaits est particulièrement
lucratif. Copier un médicament ne coûte pratiquement rien, et peut rapporter
gros : "C'est 25 fois plus rentable que le commerce de l'héroïne et 5 fois
plus que le trafic de cigarettes", affirme Eric Noehrenberg de l'IFPMA (Fédération
internationale des industries du médicament).
Selon l'Organisation mondiale de la santé, les recettes mondiales de
la vente des médicaments contrefaits et de qualité inférieure atteignent plus
de 32 milliards de dollars par an.
| "Le trafic de faux médicaments est 25 fois
plus rentable que le commerce de l'héroïne et 5 fois plus que le trafic de cigarettes"
|
La plupart des faux médicaments sont totalement inefficaces ou carrément dangereux
pour la santé. Mais certains sont quasiment des copies parfaites. Dans les
pays de l'ex Union soviétique, les faux génériques (mêmes principes actifs, mêmes
dosages) peuvent représenter 10% à 20 % du chiffre d'affaire du produit copié,
estime la FDA.
Un phénomène aggravé par la délocalisation des centres de production. "Une
même usine peut produire légalement des génériques durant la journée et fabriquer
des contrefaçons la nuit !", s'indigne dans un communiqué Yves Juillet,
ex-président du Leem, le syndicat des laboratoires français.
Pour faire face à ce fléau, la FDA a notamment suggéré d'adopter un système
de traçabilité des médicaments d'ici 2007, et d'augmenter les sanctions pénales
à l'encontre des faussaires. Au niveau européen, la sanction minimale pour un
contrefacteur est de quatre ans d'emprisonnement et des amendes comprises entre
100 000 et 300.000 euros.