N'hésitez pas à investir dans des entreprises "responsables", la rentabilité est au rendez-vous !

Les entreprises se font concurrence dans un contexte d’évolution des tendances sociales et environnementales qui concernent la société dans son ensemble. Leur succès, comme celui des investisseurs qui sauront les identifier, reposera sur leur capacité à s’adapter à ces tendances.

Les entreprises ne fonctionnent pas en vase clos. Entre les opportunités offertes, d’une part, par la croissance démographique, l’augmentation de la richesse et la hausse de la consommation, et les enjeux posés, d’autre part, en termes de tensions sociales et de contraintes environnementales, les tensions s’intensifient et se traduisent en une longue liste de défis : changement climatique, pénurie de ressources et augmentation des prix, méfiance à l’égard des « big business », inégalités salariales et troubles sociaux, pénurie de compétences…
Pour s’assurer un avantage concurrentiel et une réussite financière durables, il sera nécessaire de trouver un chemin entre opportunités et défis. Savoir à la fois tirer profit des immenses possibilités de croissance qui s’ouvrent dans l’économie mondiale et en atténuer les défis inhérents sera la clé du succès.
Avec le développement de l’économie mondiale, les opportunités de croissance ont eu tendance à attirer davantage l’attention au cours des dernières années. Même en cette période de ralentissement économique mondial, il est bon de rappeler que dans les dix prochaines années, l’économie mondiale devrait prendre autant de valeur que pendant les deux dernières décennie. Ces opportunités sont concrètes, mesurables et manifestes.
Or la multitude des défis qui s’annoncent, si elle est moins facile à mesurer, n’en sera pas moins importante pour les entreprises internationales. Relever ces défis et prendre en compte leurs conséquences sociales et politiques est un impératif commercial, pas une option morale. Ces  défis deviennent plus aigus, la prise de conscience sociale de leurs effets s’intensifie, leurs impacts se font plus tangibles. Les catastrophes écologiques liées à l’exploitation des ressources naturelles reflètent la montée des défis matériels qui se posent désormais lors de l’extraction d’un baril de pétrole ou d’une tonne de cuivre. Au cours des dernières années, le tollé provoqué par les conditions de travail des fournisseurs des pays en développement a, temporairement au moins, affecté la perception qu’avaient les consommateurs de plusieurs grandes marques.
Pour les investisseurs institutionnels, il devient de plus en plus important d’examiner la manière dont les entreprises gèrent leurs enjeux  environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ce qui se limitait jusqu’alors à quelques investisseurs spécialisés dans les entreprises éthiques et socialement responsables s’étend à présent à un nombre croissant de grands investisseurs institutionnels contraints d’incorporer à leurs stratégies d’investissement des mesures de performance qui dépassent les seuls résultats financiers.
Lancés récemment, en 2006, les Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), soutenus par l’ONU, ont vu leur nombre de signataires augmenter de 27% par an pour atteindre environ 1 000 institutions gérant aujourd’hui plus de 30 billions de dollars d’actifs. Neuf des dix plus grands gestionnaires d’actifs au monde ont signé ces principes.
Pour eux, l’enjeu consiste alors à élaborer les outils permettant d’incorporer les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance des entreprises) dans leurs choix d’investissements. Mais s’il suffit parfois d’entrer dans une librairie de quartier pour trouver toutes sortes d’ouvrages proposant les meilleures techniques d’analyse financière possibles, très peu de livres traitent en détail des manières d’analyser concrètement les performances ESG des entreprises, ou définissent avec cohérence ce que recouvre l’analyse des facteurs ESG.
Établir un lien entre la performance financière et la prise de mesures aussi spécifiques que la diversité de la main d’œuvre ou l’audit de la chaîne d’approvisionnement peut paraître aléatoire au vu du nombre d’éléments qui influent sur la rentabilité d’une entreprise. Toutefois, alors que les entreprises elles-mêmes mettent à disposition un volume croissant d’informations (Corporate Register estime que le nombre de rapports de développement durable publiés dans le monde est passé de 300 à la fin des années 1990 à presque 4 000 actuellement) et que les investisseurs approfondissent leur expérience dans l’analyse de ces informations, de nouveaux outils vont apparaître. Le fait que si peu d’outils existent à l’heure actuelle constitue une opportunité pour les organisations qui investissent dans ce secteur.
A plusieurs reprises, il a été démontré au cours des dernières années qu’incorporer des facteurs ESG dans le processus d’investissement pouvait se révéler payant. A titre d’exemple, depuis sa création en 2007, la focus list «GS Sustain» de Goldman Sachs a dépassé de plus de 40% les indices de références du marché mondial des actions.
Avec le temps, le secteur financier finira par s’adapter et par reconnaître que le traitement des questions environnementales, sociales et de gouvernance est un facteur clé compétitivité, que les défis se multiplient et que l’on a besoin de de nouveaux outils.

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