Qelles solutions demain pour préserver la ressource en eau ?

L’eau n’est pas inépuisable. L’accès à cette ressource limitée est de plus en plus menacé par l’accroissement de la population et par l’augmentation des besoins, qui continueront d’exercer une pression sur les infrastructures, en particulier dans les centres urbains.

A ce point qu’on estime qu’au cours de la prochaine décennie, environ 1,8 milliard d’individus dans le monde vivront dans des régions où l’eau fera physiquement défaut*.

Le secteur de l’eau a conscience des problèmes auxquels il est confronté, notamment sur le sujet des impacts environnementaux, du vieillissement des infrastructures et de la hausse du prix des énergies. Il faut savoir qu’au niveau mondial, les distributeurs d’eau dépensent chaque année près de 184 milliards de dollars pour l’alimentation en eau potable — dont 14 milliards de dollars uniquement liés aux coûts d’énergie de pompage de l’eau sur les réseaux actuels.

Qelles solutions demain pour préserver la ressource en eau ?

Dans ce contexte, les technologies intelligentes semblent constituer des leviers intéressants à mettre en œuvre pour aider à relever ces défis de l’eau. Il s’agit là d’une solution parmi d’autres – dessalement, réutilisation des eaux traitées, contrat de nappe, … – mais les réseaux d’eau intelligents ont cet avantage certain d’offrir aux services des eaux une opportunité majeure de renforcer leur efficacité tout en améliorant le service aux usagers.
Et par réseaux d’eau intelligents, nous entendons ici un ensemble parfaitement intégré de produits, de solutions et de systèmes, permettant aux compagnies des eaux de surveiller et diagnostiquer les problèmes à distance et en continu, de prioriser préventivement et de gérer les problèmes de maintenance, ainsi que de contrôler à distance et d’optimiser tous les pans du réseau de distribution de l’eau, selon des approches fondées sur l’accès aux données.
Une manière également de respecter de façon transparente et sûre les exigences réglementaires et les politiques engagées sur la qualité et la préservation de l’eau, tout en fournissant aux consommateurs les informations et les outils dont ils ont besoin pour prendre des décisions motivées sur leurs comportements et sur les modèles d’utilisation de l’eau.

Une réduction de 10 % des fuites pourrait générer une économie de 4,6 milliards de dollars

Un exemple très parlant pour illustrer ce propos consiste à se pencher sur la gestion des fuites. L’étude que nous avons réalisé récemment auprès de 1 000 Responsables de Services des Eaux à travers le monde** montre qu’entre 8 et 12,5 milliards de dollars sont perdus annuellement au niveau mondial du fait des fuites sur les réseaux.
De plus, un tiers des pays sondés déclarent perdre plus de 40% de l’eau produite, le taux moyen étant évalué à 20%. A noter que la France se situe à 27%, avec un objectif fixé par Grenelle 2 de passer à 15% d’ici deux ans, avec à la clé des incitations et des sanctions via les Agences de Bassin.
On constate donc, au niveau des organismes officiels, une volonté d’action, comme le prévoit par exemple en Europe le Fond Européen de Cohésion. D’autant plus qu’avec un minimum de capital et d’investissement, on peut réaliser de grandes choses. Ainsi une réduction d’environ 10 % des fuites pourrait générer une économie de 4,6 milliards de dollars.

Pour mettre en œuvre ces améliorations, une seule solution : mieux connaître et mieux maîtriser son réseau d’eau. Et c’est justement toute la promesse des réseaux d’eau intelligents, ou « Smart water networks », qui commencent à voir le jour, en France et dans le monde.

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*http://www.un.org/french/waterforlifedecade/scarcity.html

** Sensus vient d’éditer un Livre Blanc intitulé « Water 20/20 : Coup de projecteur sur les réseaux d’eau intelligents ».

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