Réforme fiscale : la grande confiscation continue

La pause fiscale est un leurre inventée par le Président pour se préserver du ras le bol fiscal et les Français qui le veulent doivent avoir la possibilité de travailler le dimanche

« Tout vient à point  à qui sait attendre » dit le proverbe, je ne regrette donc pas d’avoir retenu ma plume à propos de cette éphémère taxe sur l’excédent brut d’exploitation qui heureusement ne verra pas le jour.

Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, l’a annoncé hier reconnaissant que « l’économie c’est aussi de la psychologie » et que l’annonce de nouvelles taxes risquait de déprimer un peu plus les entreprises françaises. Le travail des organisations patronales, Medef, Afep et CGPME a porté ses fruits et il faut s’en réjouir car cela n’est pas si fréquent qu’un gouvernement, de gauche de surcroît, les entendent.

Fin psychologue, Pierre Moscovici avait senti le « ras le bol fiscal des Français » dès la fin de l’été; ce ras le bol qui fait craindre à mes collègues parlementaires PS et UMP des résultats difficiles pour les partis de gouvernement lors les élections municipales à venir.
Pourtant aujourd’hui nous sommes tous d’accord, gauche et droite réunis, pour dire que l’impôt est devenu confiscatoire dans notre pays même le Président semble l’avoir entendu puisqu’il a décrété une « pause » en 2014.

Qu’est-ce qu’une pause ? 

Selon le dictionnaire Larousse, le terme signifie « interruption ou temps d’arrêt »  dans le déroulement d’un processus, d’un travail et en musique c’est la suspension d’un son pendant une ou plusieurs mesures. Une pause traduit en langage politique c’est un moment de répit entre deux périodes de matraquage fiscal. Sous couvert de nous rassurer le Président de la République nous dit en réalité que celui-ci va continuer  jusqu’à la fin de son quinquennat. L’importance de la sémantique en politique.  

C’est peut-être pour cela que, dès le lendemain, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, décalait la pause fiscale à 2015, histoire d’éloigner encore un peu plus cette perspective des yeux des Français. Loin des yeux, loin du cœur ?

Malheureusement pour l’exécutif la réalité est tenace et les contribuables qui ont reçu leur feuille d’impôt, il y a peu, peuvent témoigner du contraire.

La grande confiscation continue

« Pause toujours » seraient-ils tentés de répondre à MM Hollande et Ayrault s’ils le pouvaient. D’après le projet de loi de Finance présenté pour 2014 par le Gouvernement la TVA est en hausse, le quotient familial est raboté, les retraites pour ceux qui ont eu au moins trois enfants sont majorées, les réductions d’impôts pour les parents d’enfants scolarisés ou étudiants sont supprimées, les cotisations sociales augmentées et les droits de mutations relevés. La liste est longue mais si pour le Président de la République, c’est une pause, on peut craindre le pire pour les années à venir.

Un Président dont la parole peut être contredite par le premier de ses ministres, un Président dont l’autorité est chaque jour remise en cause par ses alliés politiques, un Président qui nous appelle à l’audace alors qu’il ne nous donne à voir que sa propre impuissance, est une mauvaise chose pour notre pays. Quand des ministres s’insultent sur la place publique, quand un ministre de l’Éducation, bouffi d’hubris, bouleverse la vie de nos enfants avec une légèreté coupable, quand, c’est toute la France qui s’affaiblit.

La France s’affaiblit aussi quand un tribunal, dit de commerce, prend une décision « anti-commerciale » en condamnant des grandes enseignes de bricolage, fréquentées par tous les Franciliens, à fermer leurs magasins le dimanche. Avant cela c’était Sephora sur les Champs Élysées qui était obligé de fermer, pas étonnant dès lors que la France, pays le plus visité au monde avec 82 millions de visiteurs par an ne soit que le 4ème ou 5ème pour le chiffre d’affaire. C’est une aberration économique qu’il faut corriger en donnant à Paris notamment, les moyens de concurrencer les autres capitales européennes.

La législation doit évoluer et laisser le droit aux salariés de travailler le dimanche si tel est leur choix. Cette autorisation d’ouverture doit respecter les spécificités territoriales car les métropoles ont des besoins en la matière que les villes de plus petite taille n’ont pas. Tout en protégeant les salariés du dimanche la loi doit prendre en compte les nouveaux modes de vie des Français, plus mobiles, plus aléatoires aussi. Le samedi, jour des courses, est révolu à l’heure où même la télévision à heure fixe est remise en cause par la multiplication des écrans et des services de vidéo à la demande.

La France change plus vite que ses lois mais comme le dit le proverbe « tout vient à qui sait attendre », soyons patients, le changement arrive qu’on le veuille, ou non.

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