La génération Y va-t-elle enfin connaître une croissance saine dans des marchés normalisés ?

La transition économique aboutira-t-elle à une normalisation des marchés financiers ou va-t-on persévérer dans des marchés sensibles aux chocs ?

Les trentenaires actifs dans la finance ont tout connu :
  • l'éclatement de la bulle Internet en 2000,
  • la crise des subprimes en 2008,
  • la crise européenne de 2011, qui a remis en cause l'organisation économique et politique rêvée par les Pères de l'Europe.
Les convictions forgées sur les bancs des écoles de commerce et les facultés de finance ont été malmenées lors de ces chocs : une grande banque diversifiée peut faire faillite, des entreprises prometteuses peuvent ne jamais se remettre de l‘éclatement d’une bulle, le risque systémique peut provoquer une panique générale et pousser les investisseurs vers les valeurs refuges.
Mais la génération « bear » veut y croire.
Croire qu’elle connaîtra un semblant de Trente Glorieuses, croire que les marchés peuvent être volatiles tout en produisant des performances positives pendant une décennie, croire que l'on peut investir sans crainte de perdre 30 % de la valeur de son portefeuille, croire que le plus haut historique des marchés américains n'est qu'une étape intermédiaire en route vers de nouveaux records.
La Fed, que tout le monde attendait au tournant, a finalement décidé de maintenir sa politique monétaire accommodante, Madame Merkel a été confirmée et adoubée lors des récentes élections et les indicateurs économiques, sans être positivement affolants, vont dans le sens de la reprise. Deux scénarios sont alors possibles.

Commençons par le plus optimiste

Les grandes entreprises se sont fortement désendettées depuis 2008 et possèdent du cash à revendre afin de soutenir leur expansion ou pour le redistribuer à leurs actionnaires, la croissance est lente, mais de retour dans les pays développés, l'inflation reste contenue, mais saine, et la consommation repart pour soutenir cette croissance.
Allons encore plus loin dans ce premier scénario : si un choc d'innovation impactait le monde, la génération «bear» pourrait enfin connaître une vraie période de croissance. Les sources potentielles ne manquent pas: les progrès réalisés dans les biotechnologies, les nanotechnologies, le gaz de schiste ou encore l’impression en 3D sont probants.
Le deuxième scénario n'est pas catastrophique, mais il implique une certaine appréhension. Au lieu de s’interroger sur un prochain choc d'innovation, on se demande quand aura lieu la prochaine turbulence. L'Europe ne peut pas dévaluer sa monnaie et les investisseurs étrangers, entre autres, achètent des entreprises européennes (en euro) pour une question de valorisation.

La croissance reste fragile

Les pays émergents ralentissent leur développement et leur monnaie se déprécie, et le marché immobilier américain - très important au regard d'un retour de croissance - peut subir la brutale remontée des taux à dix ans que l'on a pu observer avant la décision de la Fed de maintenir sa politique accommodante. Cependant, dans ce deuxième scénario nous franchissons les étapes les unes après les autres et ces couacs financiers offrent des points d'entrée aux investisseurs qui souhaitent continuer à se constituer une allocation actions.

Prochaine étape à franchir : le budget et le plafond de la dette aux États-Unis

Ce sont là les points essentiels à la poursuite de la reconstruction mondiale.
A l'issue de cette année charnière dans la reconstruction de la croissance mondiale, il faut espérer que la génération « bear » puisse enfin souffler et réajuster ses paramètres de croissance et ses croyances financières.

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