Le football a besoin d’un marché concurrentiel

La question du financement de toute la filière football fait aujourd’hui l’objet d’âpres affrontements.

Le football est, avec le cinéma, le spectacle grand public le plus populaire de France. Par l’immense intérêt qu’il suscite et le considérable poids symbolique qu’il véhicule, ce sport constitue un enjeu considérable, spécialement depuis la victoire de 1998 où chacun a pu constater qu’il était plus qu’un divertissement et traduisait aussi le lien unissant les membres d’une nation.
L’impressionnant spectacle de ces athlètes surentraînés s’affrontant dans des stades en ébullition a besoin d’une gigantesque machinerie économique pour devenir possible. Or c’est précisément la question du financement de toute la filière football qui fait aujourd’hui l’objet d’âpres affrontements. Face à des clubs aux besoins de financement croissants, il ne faut pas par le monopole des financements empêcher le développement de la concurrence pour rester seul maître du terrain et imposer ses prix.

Le football, il faut le rappeler, coûte cher à produire

La concurrence internationale redoutable élève, qu’on le veuille ou non, le prix des joueurs. Les équipements et l’encadrement deviennent aussi plus lourds. Pour financer ces dépenses contraintes indispensables, le football vend les droits de retransmission des matchs. Ces droits faisant l’objet de contrats dont le montant est à chaque fois renégocié, les clubs souffrent d’une incertitude chronique concernant leurs recettes futures, ce qui constitue un handicap significatif pour la mise en place de leur stratégie de long terme.
C’est pour cette raison que la Ligue de football professionnel (LFP), a annoncé qu’elle souhaitait remettre dès maintenant en jeu l’attribution des droits TV des matchs de ligue 1 pour les saisons 2016-2020.
L’idée est naturellement que la mise en concurrence oblige les acheteurs à élever leur offre, comme cela a pu être le cas en Allemagne ou en Angleterre où la renégociation des droits a permis une hausse des droits respectivement de 52 et 62 %. Cette mise en concurrence est aussi dans l’intérêt du consommateur : l’émulation entre les diffuseurs tend en effet naturellement à tirer le prix des abonnements vers le bas et à favoriser l’innovation de l’offre.
Comme Sky l’a montré ailleurs en Europe, ce jeu est également gagnant in fine pour les diffuseurs puisqu’ils proposent ainsi une offre encore plus attractive pour le public. C’est ainsi un cercle vertueux qui pourrait être mis en place si une saine concurrence pouvait s’instaurer sur le marché des droits.
Sur ce terrain les positions dominantes qui n’ont guère pour motivation l’intérêt du consommateur doivent être limitées. A moins qu’elle ne soit justifiée pour des raisons économiques et par la capacité d’innovation du monopoleur permettant de partager avec le consommateur le surplus collectif. Mais ce n’est que très rarement le cas.

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