Centrale de Fessenheim : 2000 emplois menacés par la fermeture

Quelles seraient les conséquences de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim sur son territoire environnant ? Selon une étude de l’Insee Alsace publiée le mardi 1er juillet, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim toucherait non seulement 1 900 emplois direct mais quelque 5 000 personnes.

Le projet de loi de transition énergétique présenté le 18 juin par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal a confirmé la fermeture de la centrale de Fessenheim, dont les deux réacteurs de 900MW sont en service depuis 1977.

Une région entière dépendante du nucléaire

« Au total, pour la région, l'existence de 1900 emplois et les revenus de 5000 personnes dépendent de la centrale ». Le ton est donné.
Située dans le Haut-Rhin, la plus ancienne centrale du parc nucléaire français employait directement en moyenne, au cours de la période 2011 – 2012, 850 salariés d'EDF, dont un tiers de cadres et deux tiers de techniciens et contremaîtres, analyse l'Insee. 510 autres personnes travaillaient au sein d'entreprises sous-traitantes, auxquelles s'ajoutent encore 550 emplois induits par la consommation des ménages de ces salariés, calcule encore l'Institut
Ainsi, les entreprises sous-traitantes et l'ensemble de leurs salariés – pour la moitié des employés et des ouvriers – « pourraient être affectés par une fermeture de la centrale au cas où la diminution de leur chiffre d'affaire les ferait passer sous un seuil critique de viabilité », souligne l'Insee.
L’Insee s’intéresse aussi à « l’inscription territoriale » de la centrale. Parmi les 5000 personnes dont les revenus en dépendent, 16 % résident à Fessenheim, 8 % à Ensisheim, 16% dans l’agglomération de Colmar et 28 % dans celle de Mulhouse, 3% dans le Bas-Rhin. Mais rapportées aux populations de chaque commune, la donne n’est pas la même : les « nucléaro-dépendants » représentent 35 % des habitants de Fessenheim, 12 % des habitants de Balgau et 7,5 % de ceux de Nambsheim, au moins 2% dans plusieurs localités voisines. « Au total, le territoire d’impact de la centrale est formé de quinze communes, regroupant 22 800 habitants », indique l’Insee.

La perte d’une « spécificité industrielle »

Détaillant les principaux employeurs du territoire, l’Insee conclut que celui-ci risque de perdre « sa spécificité industrielle » et se trouve « en position peu confortable face aux enjeux de développement local ». « Aucun moteur d’emploi ne se dégage naturellement pour remplacer la centrale. La fonction de ce territoire devrait rester principalement centrée sur l’accueil strictement résidentiel d’actifs périurbains. »
François Hollande avait promis lors de sa campagne électorale en août 2012 la fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire en activité sur le territoire français, et sa ministre de l'environnement Ségolène Royal l'a confirmé le 18 juin 2014 lors la présentation de son projet de loi de transition énergétique.
Le projet de loi, que le président avait annoncé comme « l'un des plus importants du quinquennat », comprend une soixantaine d’articles censés permettre à la France de devenir économe en énergie, et moins dépendante des sources fossiles et du nucléaire, l'un des sujets les plus épineux. Cette loi est « un grand défi pour le pays » et « l'occasion de baisser la facture énergétique de la France et des Français » qui s'élève à plus de 65 milliards d'euros par an, a déclaré Ségolène Royal.
Dotée de deux réacteurs à eaux pressurisée de 880 MW chacun développés par Framatome et Alstom et en service depuis 1977 – coût de construction de plus d'un milliard d'euros – la centrale nucléaire de Fessenheim produit dix milliards de kWh par an en moyenne. Elle pourrait s'arrêter en 2016 lors de la mise en service de l'EPR – réacteur pressurisé européen – de Flamanville.

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