Externaliser les salles d’opération pour alléger la pression financière sur les services de santé

Un nouveau modèle économique est possible dans le domaine de la santé.

Déployer un réseau national de blocs opératoires permettrait aux fabricants d'équipements médicaux de centraliser compétences, savoirs et outils haut de gamme au sein de « plates-formes » mettant à disposition un matériel parfaitement rentabilisé, au service d’un grand nombre de patients.

Les pressions financières s’intensifient dans le secteur des services de santé et la croissance sur le marché des équipements médicaux est globalement en perte de vitesse (le taux de croissance annuel de ce marché est passé de 15,1 % en 2003 à 5,5 % en 2013*). Les moniteurs de surveillance des patients ou les appareils d’anesthésie représentent pour les fabricants d’équipements médicaux des ventes ponctuelles que, de leur côté, les établissements hospitaliers doivent rentabiliser. Et ce matériel nécessaire aux blocs opératoires est au final sous-utilisé.
C’est pourquoi les structures hospitalières sont en quête de solutions nouvelles pour rentabiliser davantage leurs biens d’équipement, réduire leurs coûts d’équipement mais aussi d’administration, afin d’être en mesure de proposer à leurs patients des traitements chirurgicaux plus abordables, plus efficaces et plus sûrs.
 

Des pistes possibles

Pour surmonter ces difficultés et améliorer leurs situations financières, industriels et établissements de soin peuvent mettre en place un nouveau modèle économique basé sur un réseau numérique collaboratif entre industriels, établissements hospitaliers, centres chirurgicaux et prestataires d’externalisation afin d’introduire des transformations résolument plus rentables, efficaces et durables dans les procédures chirurgicales. Dans un nouveau rapport intitulé Operating Room Outsourcing Services (Services d’externalisation applicables aux salles d’opération), Accenture propose des pistes de réflexions sur ces enjeux.

Instaurer un réseau national de blocs opératoires

On peut envisager diverses formes et degrés d’externalisation médicale : l’externalisation de l’équipement et des salles d’opération tout d’abord, mais aussi l’externalisation en gestion partiellement déléguée (équipement, salles d’opération et assistants en chirurgie) ou encore l’externalisation en gestion totalement déléguée (équipement, salles d’opération, assistants en chirurgie et praticiens, chirurgiens et anesthésistes, par exemple).

Mais si l’externalisation de certaines des activités d’une structure hospitalière offre des perspectives intéressantes, le plein potentiel de cette solution ne sera réalisé qu’en instaurant un réseau national de blocs opératoires. Les industriels seraient ainsi en mesure de centraliser compétences, savoirs et équipements haut de gamme au sein de « plates-formes » mettant à disposition un matériel parfaitement rentabilisé, au service d’un grand nombre de patients.

 

De nouvelles perspectives pour l’industrie

 

Dans ce mécanisme, les industriels fourniraient certes l’équipement, mais pourraient également gérer et conduire une offre de service complète.
Les nouvelles sources de revenus ainsi dégagées viendraient compléter la vente d’appareils. L’offre en question pourrait s’articuler autour de l’analyse prédictible des données, des technologies de l’information, de l’intégration systèmes, de la dotation en personnel, de la planification des soins, de la paie et de l’administration des dossiers des patients. Les fabricants ne se cantonneraient plus à la vente de matériel. Assimilés à des prestataires de services, ils seraient alors mieux à même de dynamiser leur chiffre d’affaires et d’investir dans de nouvelles activités.

 

Ce système peut aussi contribuer à accroître les ventes de matériel médical.
Plutôt que de laisser les équipements inactifs, le dispositif prévoit de les transférer entre blocs opératoires afin d’optimiser leur utilisation. De réelles perspectives de commercialisation à la clé : lunettes de chirurgie adaptées à la retransmission d’interventions à distance dans le cadre de procédures collaboratives, ou autres appareils renforçant l’efficacité du travail d’équipe entre matériel, praticiens et établissements hospitaliers. Somme toute, un accroissement des ventes d’équipements médicaux en puissance.

 

Les établissements hospitaliers, seraient quant à eux en mesure de réduire leurs coûts d’équipement. Au lieu d’investir dans un appareillage chirurgical – dont certains valent près 80 000 euros – ils pourraient louer cet équipement, à moindre frais, en adoptant un mode du paiement à l’acte. Ils contribueraient de surcroît à combattre la sous-utilisation généralisée du matériel hospitalier, et éviteraient les coûts de stockage des équipements non utilisés en salle d’opération.

Un prestataire d’externalisation pourrait se charger, par exemple, d’affecter les équipements en question à un autre bloc opératoire. Grâce à l’argent ainsi économisé, les établissements hospitaliers pourraient investir davantage dans l’amélioration des traitements prodigués aux patients, l’accélération de la préparation pré-opératoire et le raccourcissement de la durée de séjour.
Des technologies numériques innovantes comme l’analyse des données et la télémédecine contribueraient à mieux informer, mieux coordonner et mieux préparer les équipes chirurgicales. Les patients auraient ainsi davantage de chances de bénéficier des services d’un chirurgien spécialisé, mieux qualifié pour le traitement de leur pathologie.

   

* Souce :  Business Monitor International Ltd. Source: United States Medical Devices Report, November 2013.

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