Nouvelle suspension de l’écotaxe

Encore un nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’écotaxe. Après avoir été repoussée à deux reprises, Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie, a finalement annoncé jeudi 9 octobre la suspension « sine die » de cette mesure. Mais comment en est-on arrivé là ?

Repoussée puis remplacée et enfin suspendue…

Initialement, l’écotaxe devait entrer en vigueur en juillet 2013, il y a un plus d’un an. C’est un nouvel impôt devant taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, c’est-à-dire ceux qui polluent le plus.
Les recettes récoltées grâce à l’écotaxe devaient permettre de financer des infrastructures de transports durables. Néanmoins, après des mois de contestations du mouvement des « bonnets rouges » l’écotaxe avait été enterrée pour être remplacée par le « péage de transit ».
Ce péage devait alors entrer en vigueur au 1er janvier 2015. Il concernait toujours les poids lourds de plus de 3,5 tonnes et visait uniquement « les itinéraires de grand transit qui subissent un trafic supérieur à 2 500 poids lourds par jour » comme l’avait déclaré Manuel Valls en juin dernier. Après l’annonce de ce péage de transit, tout le monde était certain que le gouvernement n’allait pas reculer et que cette taxe serait bel et bien mise en place.

L’incompréhension de tous

Mais c’était sans compter sur la puissance des routiers et de leur lobby… En effet , deux jours après l’annonce d’une mobilisation devant démarrer le 13 octobre, le gouvernement a plié et a annoncé la suspension « sine die » de l’écotaxe. En suspendant cette taxe, l’État tire un trait sur 500 millions d’euros annuels de recette (contre 800 millions avec le dispositif initial).
« Nous avons décidé, premièrement de suspendre sine die le dispositif d’écotaxe, deuxièmement de créer un groupe de travail, troisièmement d’intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur » a précisé Ségolène Royal.
À la suite de cette annonce, les réactions et commentaires ne se sont pas fait attendre très longtemps. Tout d’abord Manuel Valls a salué la « décision sage » de sa ministre et, dans le même temps, les syndicats de routier ont annoncé l’annulation de leur journée de mobilisation du 13 octobre.
Dans le reste de la classe politique, on n’approuve pas la décision de Ségolène Royal. Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts s’est dite « tout simplement scandalisée par cette annonce » alors que l’ancienne ministre de l’Écologie UMP Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas mâché ses mots en déclarant que « Ségolène Royal tue l’écotaxe et assassine l’écologie ».
Le pire dans tout ça, c’est que le manque à gagner créé par cette suspension de l’écotaxe va être compensé en augmentant de deux centimes d’euros la taxe sur le gazole. Taxe qui sera payée par les consommateurs… Alors que le gouvernement se bat pour faire voter la loi sur la transition écologique, on a du mal à comprendre cette décision qui traduit une toute autre volonté.

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