L’Internet des Objets, bras armé de la transformation digitale de l’entreprise

En quelques années, l’Internet des Objets (IdO) a tout balayé sur son passage. Et parmi ses victimes figure la connectivité entre machines (M2M). Pourtant nombre d’observateurs continuent de confondre ces deux technologies. En quoi diffèrent-elles ? Et pourquoi l’IdO, plus que la communication M2M, est-il le véritable bras armé de la transformation digitale ?

Les raisons de la supériorité de l’Internet des Objets sur la communication M2M

La communication M2M existe depuis plus d'une décennie et est particulièrement bénéfique dans les marchés industriels. Sous sa forme basique, elle provisionne l'envoi d'informations de supervision et de contrôle à partir d'équipements automatisés tels que des robots industriels et autres machines de production. Toutefois sa valeur ajoutée en termes d'informations "intelligentes" est faible.

L'IdO, en revanche, permet d'adopter une approche bien plus globale afin de gérer l'ensemble des actifs de production de façon plus "intelligente" et mieux optimisée. Pour cela, le réseau doit avoir accès à l'intégralité des données de l'ensemble des appareils afin que les systèmes puissent fonctionner de façon bien plus efficace. L’IdO ne se contente donc pas de rendre l’entreprise plus productive et "intelligente". Elle en change également le modèle économique rendant obsolètes les investissements à long terme. De quelle façon ?

L’Internet des objets, bras armé de la transformation digitale de l’entreprise

Prenons un exemple concret. Récemment les automates industriels disposaient encore d’une durée de vie programmée de 15 ans en moyenne. Mais aujourd'hui, grâce à des changements intervenant au niveau des processus de fabrication, un automate vit 3 ans avant  de faire l'objet de révisions. Une mauvaise affaire pour les entreprises ?

Pas du tout. Le robot n’est plus considéré comme un produit mais comme un service en continu. Les fabricants proposent d'en assurer la maintenance, et surtout, de les adapter aux besoins en perpétuelle évolution de la chaîne de production. Il s'agit donc d'une transformation importante pour les deux parties avec des implications considérables. Désormais, l'utilisateur du robot n'a plus besoin de prévoir d'investissements importants en capital. La possibilité d'adapter ses sites de production rapidement rend également son entreprise bien plus agile. Pour le fabricant, être responsable du fonctionnement, de la maintenance et de la mise à niveau du robot implique nécessairement d'avoir un accès à distance aux données opérationnelles. Le modèle financier ne dépend donc pas du nombre de robots vendus, mais du nombre de robots exploités. Les entreprises peuvent-elles se permettre d'ignorer de tels avantages ?

Celles qui bénéficient d'une vaste base installée ou d'une position dominante pourraient bien être tentées de résister à cette tendance ; mais elles feraient bien de prendre garde aux évolutions du marché, qui auront lieu avec ou sans elles.

 

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