Changement d'heure : quel impact pour les économies d'énergie?

Alors que la COP21 arrive à grands pas et nous nous apprêtons à passer à l'heure d'hiver ce dimanche 25 octobre, seulement 20% des Français se disent favorables au changement d’heure. La raison ? Ils n’en comprennent pas l’utilité et doutent des réelles économies d’énergie engendrées. Les économies d’énergie sont-elles aujourd’hui toujours réelles ? Quel est l’impact du changement d’heure?

Souvenez-vous du passage à l’heure d’été, la question se posait de savoir si ce changement avait un réel impact sur la consommation d’énergie en France :






La France opère ce changement d’heure car elle est en zone tempérée, où la variation de l’ensoleillement est notable entre l’été et l’hiver. Au niveau de l’équateur, il n’y a pas d’intérêt à changer d’heure. Depuis 1998, les dates du changement d’heure ont été harmonisées dans l'Union européenne. Pour autant, certains pays ne respectent pas cette règle du fait de la surconsommation d’énergie engendrée par la climatisation pendant l’heure supplémentaire d’ensoleillement.

Le changement d’heure : quel impact sur les consommations d’énergie ?

Cette mesure a été mise en place après le premier choc pétrolier. Le but est alors de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel (Ministère de l’Écologie, du développement durable et de l’énergie). De son côté, l’ADEME met en avant un moyen de faire des économies pour un coût quasi-nul.

Les économies liées à l’éclairage sont réelles : 440 GWh ont été économisés, soit l’équivalent de la consommation en éclairage de 800 000 ménages. De plus, le changement d’heure permet un gain sur la puissance appelée au mois d’avril de 3,5 GW (Source : étude ADEME, 2009). Malgré ces avantages, l’an passé seuls 19% des Français étaient en faveur de ce dispositif (Opinion Way, octobre 2014).

Les détracteurs du dispositif lui opposent l’effet néfaste sur l’horloge biologique et des économies qui s’amenuisent. En effet, plusieurs raisons expliquent la diminution des économies au fil des années : Premièrement, la mise en place d’éclairages plus performants comme les LED, et leur meilleure gestion (extinction automatique des éclairages publics par exemple) rendent moins intéressant le changement d’heure. De plus, si le gain sur l’éclairage semble évident, la généralisation de l’usage de la climatisation en été remet en cause l’intérêt du changement d’heure. Si l’on est actif quand il fait jour, c’est aussi quand il fait le plus chaud : on éteint la lumière et on allume la climatisation !

Loin d’être tranché, le sujet fait encore débat :

  • Sur les économies réalisées :

L’ADEME annonce 4% d’économie sur la consommation liée à l’éclairage alors que les opposants raisonnent sur la consommation globale, avec une économie comprise entre 0,3 et 0,5 %.

  • Sur la pollution engendrée :

L’activité industrielle et la circulation en heure d’été pourraient avoir un impact plus important sur la pollution à l’ozone mais aucune étude ne donne de résultats significatifs.

  •  Sur la perturbation des rythmes biologiques :

L’impact du changement d’heure sur l’horloge biologique et ses conséquences sur l’organisme serait négatif. Diverses études ont été menées mais le corps médical reste divisé à ce sujet.

  • Sur les autres secteurs d’activité :

L’informatisation des systèmes permet de réduire l’impact sur l’économie mais certains secteurs comme le BTP et l’agriculture restent dépendants de l’heure solaire et de la chaleur de la journée.

Mais pour l’heure, à vos montres !

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