Le CES 2016 en 10 Hashtag

Tandis que le CES 2016 a révélé de nombreuses innovations technologiques, il semble opportun, à froid, de s'interroger sur les 10 enseignements clés de ce grand évènement, en 10 hashtags !

#Consumer

Si les innovations présentées restent très majoritairement centrées sur les usages individuels, les modèles d’explicitation et de valorisation des potentiels fonctionnels associés aux objets connectés sont de plus en plus ancrés dans le rôle nouveau pris par de grandes entreprises issues de secteurs variés tels que les assurances, la santé, l’immobilier, l’énergie. Avec un très bel exemple français autour de la remarquable stratégie de transformation digitale de La Poste.

#FrenchTech

La France a été très représentée, tant parmi les exposants start-up sous l’égide de la French Tech, avec toutefois assez peu de lisibilité structurée globale, qu’au plan des visiteurs, au point que Gary Shapiro, Commissaire du Salon, reconnaît en privé que la langue officielle de Eureka Park, le gigantesque îlot dédié auxdites start-up, est bel et bien le français. La présence de notre ministre de l’Economie, de sa délégation de Parlementaires et de représentants diplomatiques, mais aussi de la quasi-totalité du Comité Exécutif du MEDEF derrière son patron, est remarquée.

Mais si la volonté n’est pas de l’exprimer fortement pour ne pas donner dans le « french bashing » contre lequel La French Tech ambitionne justement de lutter, la double question plane à la fois de la capacité qu’auront toutes ces start-up à trouver le chemin du développement commercial réel et de la création d’emploi vrais, et de l’alternative à des rachats qui compte-tenu des capitaux levés pour les quelques rares qui se seront hissées au rang de leaders progressivement reconnus, ne pourront être au bénéfice d’autres acteurs que les géants nord-américains, GAFA en tête, ou asiatiques tels que LG, Samsung, Panasonic et autres.

#Plates-formes

Au-delà d’un « Inventaire à la Prévert » particulièrement foisonnant que nous pourrions établir de toutes ces innovations à la fois matérielles et immatérielles, doublement ancrées dans les produits et les services, l’importance des plates-formes se dessine et d’une édition 2014 vers la suivante, s’affirme comme essentielle à la transformation d’une collection désordonnée d’objets connectés notamment, en une gamme cohérente de services fluides et utilisables.

Les enjeux de ces plates-formes en matière de connectivité sont clés et l’on voit plus que jamais s’exprimer le jeu des alliances en matière de protocoles et d’infrastructures de réseaux, et d’interopérabilité associées. Les opérateurs de télécommunication sont peu présents mais omniprésents.

Les enjeux de ces plates-formes en matière de collecte, d’agrégation, d’enrichissement croisé, de valorisation et de mise à disposition des données, pour passer du Big Data au Smart Data, sont reconnus comme importants sans pour autant que soient explicités encore clairement des choix structurants en la matière. Le Cloud Computing plane sur tout le CES, Amazon est absent mais omniprésent derrière les démonstrations tant des start-up que des géants mondiaux, qu’ils soient nord-américains, asiatiques, européens ou d’ailleurs.

#RealiteVirtuelle

Les services avancés de l’image, réalité virtuelle et/ou augmentée en tête, foisonnent et expriment des usages de moins en moins exclusivement ancrés dans le divertissement et le monde ludique. 

#Robots

Les drones sont plus matures que jamais, doublement déployés dans cet univers ludique du divertissement pour les plus petits d’entre eux, mais aussi dorénavant au cœur de révolutions d’organisations et de processus associés au sein de grands acteurs professionnels issus de tous secteurs économiques.

Les robots sont à présent légion, robots sociaux et humanisés de type compagnons individuels dotés d’une presqu’intelligence comportementale, et robots professionnels et productivistes préfigurant l’industrie du futur et son cortège d’automatisation et de suppressions promises d’emplois.

Dans ce contexte, l’interaction entre l’homme et la machine, sa dimension cognitive avec la question de la ligne jaune à ne pas franchir en terme notamment d’asservissement potentiellement dangereux, est omniprésente.

#Automobile

Dans l’industrie et les services automobiles notamment, secteur économique dont la transformation digitale est à présent la plus fortement mise en avant, démonstrations en vraie grandeur à l’appui sur un « CES Outdoor » dorénavant presqu’aussi vastes que les allées couvertes du Las Vegas Convention Center. La tectonique des plaques fait vibrer les frontières historiques des grands acteurs de ce marché et l’on sent poindre la perspective de grands rapprochements entre les géants du matériel ancrés dans l’industrie manufacturière et ceux de l’immatériel, champions de la donnée, de la personnalisation des services et des interfaces numériques avancées.

#Santé

Le secteur du bien-être plus que celui de la santé, avec en particulier la thématique de l’accompagnement au vieillissement de la population et plus largement au maintien voire à l’hospitalisation à domicile, fait une percée colossale, passant d’une prédominance d’usages ludiques des « wearables », objets connectés que l’on porte plus ou moins discrètement sur soi, à une émergence nette des usages professionnels voire critiques. On s’interroge notamment sur l’avenir de l’industrie « historique » de l’appareillage médical, peu présente, à l’heure où l’on sent clairement le numérique personnel et grand public pénétrer la sphère très réglementées et conservatrice du soin et du patient.

Dans tous ces univers et pour tous les modèles d’affaires associés auxquels on réfléchit, l’univers de l’assurance et de la prévoyance est omniprésent, pas un grand acteur français n’est absent, au moins des allées de visiteurs où les badges et la dynamique curieuse de leurs porteurs traduisent une motivation et une mobilisation forte.

#BusinessModels

La question des modèles d’affaires, les fameux « business models », qui structurent les perspectives de revenus tant de ces start-up que souvent de ces géants, fait l’objet de beaucoup de bruit dans les conférences mais que très rarement d’explications claires et affirmées. Objets connectés à 99 USD, recomposition complète des chaînes de valeur en transversalité totale des verticales économiques historiques et intermédiation semblent en être au cœur.

A noter également de nouveaux modes de paiement avec un début de concurrence au NRF pour ce qui concerne l’évolution du « Digital Retail ». 

#Sécurité

Les questions de sécurité sont omniprésentes, pas seulement parce que le risque d’attentat pèse sur un salon ultra-protégé et surveillé et que l’on présente l’entraînement des forces spéciales au combat par la réalité virtuelle justement, mais aussi parce que les enjeux de violation des systèmes et des vies sont omniprésents.

#CESvsCDS

Consumer Electronics Show : même si l’électronique continue à délivrer d’importantes innovations à l’heure de la mobilité généralisée, d’un traitement de l’image de plus en plus avancé et d’algorithmes d’analyse de la donnée de masse et d’intelligence artificielle de plus en plus pointu, et même si les stands des grands faiseurs tels Intel ou Qualcomm restent impressionnants de taille et de démonstrations futuristes, la valeur de la chose, à l’heure de la multiplication des objets connectés, se déplace clairement dans le logiciel, les services et l’immatériel. Le CES ne devrait-il pas devenir le CDS, « Consumer Digital Show » ?

 

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