L'économie des données personnelles devra reposer sur le consentement des utilisateurs

Nos données personnelles, que nous partageons avec de nombreux services en ligne, font partie de notre identité et ont une valeur financière. Nous devons contrôler la propriété de nos données personnelles, notamment lorsqu'il s'agit de données financières.

Ces dernières années, l'explosion des médias sociaux a changé la manière dont les hommes utilisent la technologie. Les plateformes de réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Twitter ont donné confiance aux individus, nous mettant tous à l'aise avec le fait d’avoir une présence en ligne. Grâce à cette confiance, nous nous sommes familiarisés avec la création de contenus en ligne et nous partageons de plus en plus nos données en ligne sur différents aspects de notre vie privée, y compris dans le cloud. Ces données font partie de notre identité. Elles ont à la fois une valeur financière et intrinsèque. Nos données personnelles sont sur la "wanted list" des entreprises.

Avec le développement du cloud, les données personnelles sont devenues un moteur pour l'économie mondiale. Les données personnelles de la clientèle d'une entreprise détiennent, non seulement, une valeur financière, mais c’est aussi une base pour l'établissement de relations de confiance entre cette entreprise et ses clients. Cette confiance est comme une roue à double sens. Vous devez respecter le client en respectant leurs données et cela créé de la confiance.

Quant à la valeur financière, un rapport du Boston Consulting Group sur "La valeur de notre identité numérique" a constaté que durant la récente récession, les données numériques ont été un moteur de croissance, montrant ainsi un vrai différentiel par rapport aux secteurs traditionnels; alors que les secteurs numériques étaient en retrait d'environ 3,6% en Europe, les secteurs qui ont utilisé les données personnelles comme un élément clé dans leur activité, ont vu un taux de croissance de 15% pour le e-commerce et de près de 100% pour les entreprises du Web 2.0.

Le même rapport souligne également que les questions de confidentialité ralentissent une utilisation plus intensive des données personnelles. Les consommateurs qui sont en mesure de protéger, de gérer et de consentir à l'utilisation des données étaient 52% plus susceptibles d'accepter de partager leurs données avec des tiers.

Le fait de laisser nos données personnelles dans la nature a des conséquences. Cela a principalement des implications en termes de contrôle et de diffusion. Le Forum économique mondial a publié un rapport intitulé "Repenser les données personnelles : Confiance et contexte dans les systèmes centrés autour des données personnelles de l’utilisateur". Le rapport a examiné l'écart entre les attentes sur les données personnelles de la part d'une société et de la part du propriétaire des données personnelles (le consommateur). La conclusion de ce rapport a souligné les applications sensibles au contexte, pour "intégrer le principe de l'utilisation des données en respectant les préférences et les besoins individuels".

La confidentialité des données est aussi centrale pour l'Union européenne par rapport aux droits de l’homme. Le directeur de l'Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne indique simplement : "la protection des données à caractère personnel est un droit fondamental que les États membres doivent respecter". Pour renforcer cela, il existe un point-clé que le Forum économique mondial dans son rapport "Débloquer la valeur des données personnelles : de la collecte à l'utilisation" a déclaré : "Une nouvelle approche des données personnelles flexible et adaptée est nécessaire pour encourager l'innovation, mais elle doit aussi protéger les droits des individus. Il faut reconsidérer l’avis et le consentement pour s’adapter à ce monde qui change".

Au Royaume-Uni, le gouvernement a reconnu l'importance de placer le contrôle des données de l'utilisateur dans les mains de leur propriétaire, avec le lancement de l'initiative Midata, qui encourage les entreprises à redonner le pouvoir aux individus concernant leurs données personnelles. Le programme Midata introduit l'idée que les secteurs clés du marché, y compris celui de la finance, devraient permettre aux individus d'avoir accès aux données sauvegardées en leur nom. 

Facebook, un adversaire de longue date du lobby de la vie privée, a également concédé et reconnu que le contrôle par l'utilisateur de ses données personnelles est une obligation pour toute plateforme moderne qui gère des données personnelles. Facebook a ​​longtemps permis à des applications tierces d’accéder aux identifiants de connexion (en utilisant le partage d'identité) permettant aux utilisateurs de se connecter plus facilement, en l’occurrence l'authentification unique (SSO), pour que l'application puisse utiliser les mêmes identifiants Facebook. Mais en faisant cela, un utilisateur doit accepter de partager toutes les données demandées au cours de cette connexion. Cela peut signifier le partage du nom, nom d'utilisateur, lieu, sexe, adresse e-mail et d'autres données personnelles avec des applications tierces. En 2015, Facebook a annoncé une nouvelle version de son login via OAuth, qui donne aux utilisateurs la possibilité de choisir quelles données partager lors de l'utilisation du login Facebook via une autre application. Cela peut sembler insignifiant, mais il a fallu de nombreuses années à Facebook pour ajouter ce niveau de granularité dans son authentification fédérée. Facebook a ​​reconnu que les consommateurs guident la technologie et que ce n’est pas, au contraire, la technologie qui guide le choix du consommateur - par leurs choix, les consommateurs exigeront de plus en plus de confidentialité concernant leurs données personnelles. 

Le mouvement technologique initié par les consommateurs est soutenu par la nécessité de contrôler et partager des données. Les entreprises dont le cœur de métier est basé autour des données et du digital ont besoin d’intégrer la notion de "contrôle actif" des données personnelles dans la conception de leurs produits et offres. Les entreprises qui adhèrent à ce paradigme vont prospérer dans l'économie des données personnelles.

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