Banques et PME : quelles relations d’avenir ?

Ou comment les banques vont devoir s'adapter et se réinventer face aux fintech pour rester dans la course et cela, au profit des PME.

Vieux et usés, les systèmes d’information des institutions financières traditionnelles qui font face aux innovations des fintech doivent se réinventer pour rester compétitifs. Pour les banques, le défi est de taille : faire basculer les données de leurs clients de systèmes historiques à d’autres plus modernes promet d'être une opération délicate. Elle est pourtant incontournable tant le comportement et les attentes des PME évoluent à grande vitesse. C’est la raison pour laquelle les banques accélèrent le déploiement d’innovations pour anticiper leurs attentes.

De la banque de transaction à la banque plateforme

Encaissements, virements, prélèvement, émission de chéquiers… les fonctions attribuées aux banques sont basiques pour des frais qui ne sont pas insignifiants pour les dirigeants de PME. Pour ne pas se faire dépasser par les acteurs de la nouvelle génération, l’intégration de nouveaux services financiers fait cependant entrer les banques dans un nouveau modèle, celui des plateformes : on parle d’ailleurs de “Banking as a Platform” (BaaP) : un modèle encouragé par les “effets de réseaux” offerts par l’économie numérique et un coût marginal qui tend vers zéro. C’est ce que propose par exemple Crédit Agricole avec son “App Store” collaboratif. Sa mission : faire entrer la banque en collaboration avec ses clients pour développer de nouveaux services et créer de la valeur à partir de bases de données existantes mais plus flexibles et une utilisation plus poussée. 

Un back office plus moderne pour une expérience client transformée

C’est la partie invisible de l’iceberg : la révolution des “back offices” dans les systèmes d’information des banques offrira de nouvelles opportunités en matière d’expérience client. Le but est de développer des programmes intelligents capables d’analyser les données des clients en temps réel et de les croiser avec leurs demandes envoyées par mail. Pour la banque, c’est évidemment des économies en devenir - de l’ordre de 20% à 60% estime Deloitte - grâce à une réduction des tâches répétitives et normées effectuées par des humains. Pour les PME, c’est l’assurance d’un service continue, d’un taux d’erreur potentiel moindre et à terme, d’une réduction des coûts.

La banque, passerelle vers les FinTechs

Les forces des banques sont les faiblesses des fintech, et réciproquement. Les politiques d’ouverture des plateformes de programmation vont donc a fortiori favoriser l’interconnectivité des services externes développés par les fintech avec les comptes en banque des PME. Par leurs structures colossales, les banques n’ont souvent pas l’agilité de proposer de nouveaux modèles. Or, elles possèdent pour autant la confiance des entreprises ainsi que les infrastructures sécurisées pour protéger les données de leurs clients. Frileux face à certaines offres de fintech, les dirigeants de PME devraient petit à petit trouver leur compte via leurs banques historiques qui incarneront leur rôle du tiers de confiance et d’accompagnement à l’usage de nouveaux services technologiques. Qui sait, peut-être sera-t-il bientôt possible d'obtenir un prêt auprès de particuliers en déposant un dossier dans sa banque.

App Store / PME