Le crowdfunding est-il une alternative aux circuits traditionnels de financement ?

Responsabilité, transparence, utilité sociale… Depuis la crise, le financement participatif a connu une forte expansion car il offre une alternative aux circuits traditionnels de financement.

Créé dans les années 2000, le crowdfunding est une activité financière hétérogène qui tire sa notoriété de réussites médiatisées dans le milieu des arts, de la musique, du cinéma mais aussi par des prêts aux particuliers et des levées de fonds dédiés au financement de projets innovants dans des start-up. L’expansion spectaculaire du crowdfunding puise avant tout son dynamisme dans les possibilités offertes par l’usage d’Internet pour mettre en rapport directement, à un coût très faible, l’offre et la demande. La finance participative répond également à l’aspiration grandissante des citoyens pour les circuits courts, la transparence et la recherche d’une utilité sociale qui contribue à nourrir son expansion. 

Des citoyens…en quête de sens
Depuis plusieurs années notre société s’oriente vers un système basé sur le partage, la transparence, la collaboration en tout domaine, une consommation plus avertie jouant sur la mutualisation et non plus sur la propriété. Les individus, regroupés en communautés, affirment leur engagement social et responsable reposant sur des valeurs de proximité, d’échange et manifestent leur souhait de promouvoir une croissance intelligente, durable et inclusive. De plus en plus d’épargnants cherchent à donner du sens à leur épargne et sont en quête d’une finance plus morale.En France, 2,6 millions de personnes ont contribué en 2016 au financement d’un projet grâce au crowdfunding, selon KPMG. Parmi leurs motivations, il y a, en premier lieu, le désir de soutenir un membre de la famille ou un ami, et parfois aussi l’entourage plus lointain, dans la réalisation d’un projet culturel, associatif, sportif ou économique. Le crowdfunding permet ainsi aux Français de donner un sens à leur argent en finançant des projets qui leur semblent nécessaires. Contrairement aux placements réalisés auprès des intermédiaires historiques (les banques, les compagnies d’assurance et les gestionnaires de fonds) souvent jugés opaques car discrétionnaires dans leurs choix d’investissement, le crowdfunding permet d’assurer aux citoyens la traçabilité de leur épargne.
Tour d’horizon des différentes formes de crowdfunding
Qu’il s’agisse de contributions sous forme de don, de financement en fonds propres ou de prêts, le crowdfunding représente un ensemble de pratiques relativement hétérogènes.
  •  Le  don sans contrepartie
Les plateformes de don sans contrepartie, ou "donation-based crowdfunding", sont principalement utilisées pour des projets solidaires. Il n'existe alors aucun retour financier ou en nature sur les investissements via ce type de plateformes. Les cibles de ce type de plateformes sont les projets portés par des associations ou des initiatives citoyennes. Elles comptent sur la sensibilisation du public à des problématiques sociales, éthiques ou humanitaires afin de collecter des dons auprès de particuliers désireux de participer financièrement à leur cause. Le don avec contreparties, ou reward-based crowdfunding, est le segment de l'industrie le plus connu du grand public. Il consiste en l'appel au don à destination de projets pour lesquels les donateurs reçoivent une récompense, qui ne reflète généralement pas le prix effectivement déboursé. Ces contreparties peuvent être la livraison d'un bien ou d'un service, mais également de nature plus symbolique, comme les remerciements des porteurs de projets, ou l'inscription en tant que financeur dans les œuvres culturelles (vidéo, musique, film, œuvres vidéos ludiques …). En France, les plateformes comme MyMajorCompany, Ulule ou KissKissBankBank sont actuellement leaders sur ce marché.
  • Le prêt rémunéré ou social
Les plateformes de prêt, ou debt crowdfunding ou lending crowdfunding est le segment le plus structuré de l'industrie du crowdfunding. Elles sont issues du micro-crédit, qui consiste en l'attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs, artisans ou petites entreprises dont l'accès au crédit bancaire classique est impossible. Les acteurs en demande de financement peuvent alors faire appel à la foule qui accepte de leur prêter, en contrepartie d'un taux d'intérêt et du remboursement du principal à échéance. En France, il existe une multitude d'acteurs du prêt participatif. La plus connue est Babyloan qui, fondée en 2008, est une plateforme de crédits solidaires, ou encore Prêt d'union, première plateforme de crédit entre particuliers en France. 
  • L’equity crowdfunding ou investissement en capital
Le financement participatif par prise de participation directe au capital d'entreprise, ou equity crowdfunding, est le segment le plus jeune de l'industrie, mais aussi celui qui porte l'avenir du financement d'entreprises. Ce type de financement consiste en l'appel public au financement dans le cadre d'une augmentation de capital. L'entrepreneur, en besoin de financement, définit son besoin en capital et fixe un pourcentage qu'il ouvre à la souscription de la foule. Les backers détiennent dès lors un droit de propriété sur l'entreprise qu'ils financent, ce qui provoque notamment la dilution des actionnaires historiques de l'entreprise, généralement le(s) fondateur(s).  En France, Wiseed s'affiche comme la principale plateforme d'equity crowdfunding. En favorisant une mise en relation directe et transparente entre des porteurs de projet en quête de financement et des citoyens soucieux d’une utilisation responsable de leur épargne, le crowdfunding renforce le lien social, le sentiment de proximité et l’engagement citoyen. Le crowdfunding favorise donc le développement d’une véritable finance populaire : en mettant à la disposition de nos concitoyens des outils de financement et d’épargne accessibles à tout un chacun avec de faibles montants, il contribue ainsi à réconcilier les Français avec l’économie.

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