Accidents: le risque zéro au cœur des nouvelles mobilités

Pierre angulaire des innovations technologiques en matière de transport, la recherche de la sécurité maximale conditionne actuellement l’industrialisation de tout projet.

Chaque année près de 3 500 Français perdent la vie dans les seuls accidents de la route. Qu’il s’agisse de voiture, d’avion, de train ou de bateau, aujourd’hui, le risque zéro n’existe pas ! Mais demain ? En effet, pierre angulaire des innovations technologiques en matière de transport, la recherche de la sécurité maximale conditionne actuellement l’industrialisation de tout projet. Plus encore, leur autonomie se veut une priorité absolue. Et non sans raison, puisqu’on estime à 500 000 le nombre de vies pouvant être sauvées chaque année, grâce aux voitures autonomes !

Une évolution qui replace donc au centre de toutes les réflexions le 1er facteur de risque identifié : l’humain. Doit-il s’effacer au profit de la machine ? Doit-il la suppléer en cas de carence et uniquement dans ce cas ? Ou doit-il davantage être éduqué aux dangers de son environnement en constante évolution ?... Associer nouveaux transports, nouveaux usages, nouveaux environnements et nouveaux comportements : ne serait-ce pas là, finalement, le véritable moteur de la mobilité de demain ?

Le formidable potentiel de l’innovation

90% ! Voilà la part des accidents de la route liés au comportement humain, qu’il s’agisse d’alcoolisation, de fatigue ou encore de simple erreur de conduite. Une part non négligeable des 1,25 millions de personnes tuées chaque année dans le monde ne reposerait donc que sur la seule intervention humaine... Des chiffres pour le moins alarmants et désormais au cœur des développements technologiques tant en matière routière, aérienne, ferroviaire, maritime et même aérospatiale. Objectif : le risque zéro ! En tête des innovations en cours, l’intelligence artificielle fait l’objet de toutes les attentions – et investissements - de la part des constructeurs internationaux, comme des entreprises high-tech : aide limitée ou automatisation totale de la conduite, avion sans pilote, train autonome,... A n’en pas douter, l’humain a vocation à intervenir de moins en moins au profit d’une machine jouissant d’atouts inégalables, à commencer par une attention continue et une gestion simultanée de risques multiples. 

Une autonomisation qui pose pourtant des enjeux de sécurité d’une autre nature : l’adaptation des infrastructures, qui se devront d’être connectées, de sorte à optimiser la communication des véhicules autonomes avec leur environnement dans un souci de sécurité maximale en premier lieu ; la sécurisation des réseaux d’information via une attention accrue portée sur la cyber-sécurité et les risques de piratage bien réels, en second. Une double problématique donc, qui se devra d’être le fruit du travail collectif nécessaire des constructeurs et leurs équipementiers, comme des gestionnaires de réseaux et de l’Etat.

Nécessaire éducation des citoyens

Mais, si la technologie et son déploiement dans l’espace public a bien vocation à nous emmener progressivement vers ce risque quasi-nul, toutes ces innovations se doivent-elles nécessairement d’être des innovations de rupture ? Le bon sens et l’éducation n’ont-ils pas également voix au chapitre de la révolution des usages ? La réponse : oui, à coup sûr ! Après tout, sans disruption majeure, l’obligation du port de la ceinture de sécurité s’est révélée redoutablement efficace et en peu de temps... 

Et nombreuses sont les start-up à l’avoir compris et anticipé. En effet, loin de révolutionner leur monde, les boîtiers dédiés à la signalisation des motards, les guidons d’aide à la direction des cyclistes, les GPS de moto affichant les instructions sur la route, les passages piétons en trompe l’œil,...ces objets connectés portent déjà en eux un projet innovant car long-termiste : celui d’éduquer à la vigilance chaque usager de la route, à l’ère du tout numérique et d’une transformation importante tant de nos modes de déplacements que de nos réflexes dans l’espace public. Alors innovation de rupture ou low tech ? Machine ou humain ? In fine, les deux approches ne se veulent pas antinomiques, bien au contraire ! Mais leur complémentarité ne pourra véritablement s’avérer efficace que portée par l’alliance des acteurs privés et publics.

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