Journal du Net > Economie  > Pouvoir d'achat, 5 ans après l'euro
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Vous avez la conviction que tout augmente, et pourtant les statistiques officielles montrent le contraire. Où est l'erreur ? Le terme de "pouvoir d'achat" se prête à un florilège d'interprétations, et dépend des prix mais aussi du revenu et des modes de consommation (les professions intermédiaires dont les transports représentent une grosse part de leurs dépenses sont par exemple plus touchées que les autres par la hausse de l'essence).

Pour calmer les critiques contre l'INSEE, le gouvernement et d'autres organismes ont établi leur propre indicateur, censé mieux refléter la situation "réelle" du pouvoir d'achat. Mais est-ce en changeant de thermomètre qu'on fera baisser la température ?

 

Les différents indicateurs
Indice de pouvoir d'achat (INSEE) Il est calculé à partir du revenu brut disponible, et en fonction de l'indice des prix à la consommation. Ce dernier est une moyenne des prix de 200.000 produits, relevés sur tout le territoire. Mais il exclut divers éléments considérés comme de "l'investissement" : ainsi le remboursement d'un prêt n'est pas considéré comme une dépense ! Selon cet indicateur officiel, le pouvoir d'achat des Français a augmenté de 14% depuis le passage à l'euro, et de 2,3 % rien qu'en 2006. Une moyenne à prendre avec des précautions, car elle ne reflète pas la disparité des situations.
Pouvoir d'achat effectif du consommateur (indicateur Leclerc-BIPE) Le BIPE, une société d'études économiques et de conseil en stratégie, a créé une nouvelle mesure en partenariat avec les hypermarchés Leclerc, qui prend en compte les "dépenses contraintes" (logement, chauffage, assurances…), qui selon elle représentent 39 % du revenu brut disponible. De plus, cet indice n'est pas une moyenne générale mais prend en compte l'augmentation de la population (+1 % par an). Avec cette définition, le BIPE obtient un pouvoir d'achat en baisse de 0,7 % en 2005 (contre +1,1 % pour l'indice INSEE), et une légère hausse de 0,5% en 2006.
Pouvoir d'achat disponible (INC) L'Institut national de la consommation (INC) calcule son indice de pouvoir d'achat en déduisant du revenu disponible brut un certain nombre de dépenses contraintes (logement, chauffage...). Selon ses calculs, plus des 2/3 de la hausse de revenus des ménages ont été absorbés par la hausse des carburants, du gaz, des loyers, des réparations de véhicule et des produits alimentaires. L'INC conclut que le pouvoir d'achat des ménages n'a augmenté que de 0,9 % en 2006.
Le chariot-type (DGCCRF) Mis en place par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation, et de la Répression des Frandes en 2005, il répond au "décalage constaté entre les indices jusqu'ici disponibles et la réalité ressentie par les consommateurs", dixit le ministre de l'économie Thierry Breton. Les associations de consommateurs ont établi une liste de 120 produits de grande consommation (alimentaire, produits d'entretien, hygiène). Le chariot-type a démarré à 50 euros pour un célibataire et à 143 euros pour un couple avec 3 enfants et plus. Il augmenté de 1,1 % en un an.
Le "bouquet de services-type" Dernière innovation de Thierry Breton, cet indicateur devra rendre compte de la part des dépense contraintes (services bancaires, assurances, téléphonie fixe et mobile, Internet, télévision, énergie…). Cet indice sera élaboré par profils type de consommation, en fonction de son accès ou pas à Internet ou le câble, du nombre d'abonnements téléphoniques, de sa couverture d'assurances, etc. Un groupe de travail regroupant l'INSEE, la DGCCRF, le DGTPE, l'Institut national de la consommation, le Credoc et les associations de consommateurs devrait se réunir début janvier.
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