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Certains thés rares ne sont produits qu'à une
dizaine de kilos par an. Photo © Olivier Scala
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Un prix de revient faible et des clients nombreux, il ne manquait plus qu'une
touche pour que le tableau soit idyllique. Cette touche, ce sera l'image de la
France, ont décidé il y a une poignée d'années quelques entreprises aventureuses,
au premier rang desquelles Mariage Frères.
"Il y a vingt ans, nous avons compris qu'il fallait faire entrer le thé dans le
domaine de la gastronomie, car en France, on ne boit pas le thé parce que l'on
a soif. C'est une occasion gourmande. Or l'offre de thé était très réduite, contrairement
à celle de la gastronomie française de luxe", explique Philippe Cohen-Tanugi,
secrétaire général de la société, leader du thé de luxe dans l'Hexagone.
Jusqu'à 60% de marge
Petit à petit, Mariage Frères a bâti une ligne de 600 produits, avec des thés
si rares que seule une dizaine de kilos sont produits chaque année. Parfois au
prix de 2.000 euros le kilo. Et peu à peu, comme le vin, le thé est devenu un
ingrédient qui s'allie aux autres. Le chiffre d'affaires de Mariage Frères dépasse
désormais les 16 millions d'euros en France, et grimpe chaque année de 10% au
moins, tout comme celui de George Cannon, la société d'Olivier Scala. 10% de hausse
annuelle, c'est d'ailleurs le rythme de hausse de l'ensemble du marché du thé
de luxe depuis 10 ans.
Olivier Scala avoue bien volontiers s'offrir des marges de 40 à 50% sur des thés
haut de gamme qui ne sont même pas transformés par ses soins. Avec des produits
aromatisés ou mélangés, la marge monte à 60%.
Avec Dammann Frères, les deux sociétés ont fini par se construire une réputation
internationale, "pour la qualité des produits mais aussi grâce à l'image française
du luxe", selon Marine Jenkins, attachée commerciale en charge de l'export chez
Dammann Frères. Mariage Frères a ainsi créé une filiale au Japon et y a ouvert
plusieurs magasins. L'export, c'est aussi 35% du chiffre d'affaires de George
Cannon.
Aujourd'hui, dans ce contexte si favorable, Olivier Scala n'a plus qu'une seule
crainte pour l'industrie du thé. "L'émergence d'une classe moyenne en Inde et
en Chine qui dans les cinq ans devrait provoquer une pression à la baisse sur
les prix". Encore cinq ans pour en profiter !