Les Fintech ont misé gros sur la génération Y et elles n'auraient pas dû

Les robo-advisers, alternative bon marché aux maisons de courtage, ne devraient finalement pas effrayer les géants de la gestion financière.

Le secteur bien installé de la gestion de finances personnelles sent le sol trembler sous ses pieds.

La menace : une groupe d'entreprises tech à la traîne qui vise directement la génération Y.

Les prétendus robo-advisers comme Betterment, FutureAdvisor et Wealthfront ont attirés attention et liquidités, en se plaçant en tant qu'alternative bon marché aux maisons de courtage.

Certains affirment que les actifs qu'ils gèrent pourraient augmenter de 68% par an et atteindre 2,2 billions de dollars en 2020.

Cependant, selon une nouvelle étude, les Goliath comme UBS et Morgan Stanley ne devraient pas se faire autant de souci qu'on l'a prédit.

En réalité, ce sont les start-ups Fintech elles-mêmes qui sont le plus en danger.

"Vous pouvez attirer dans vos filets tous les jeunes que vous voulez. La réalité, c'est qu'ils n'ont pas l'argent"

Selon une étude de la compagnie de conseil en finance, Tabb Groupe, basée à New York, les traditionnels géants de la gestion financière sont parfaitement conscients de cette menace et, en réponse, conçoivent des versions moins chères de cette technologie.

Charles Schwab a lancé Schwab Intelligent Portfolios en mars et a atteint plus de 3 milliards d'actifs gérés dès juillet. BlackRock a acheté FutureAdvisors fin août. TD Ameritrade a formé un partenariat avec FinTech Jemstep.

Un conseiller en finance a comparé les robo-advisers aux conséquences d'Amazon sur la vente, en expliquant à Tabb : "La différence est lorsque qu'Amazon a débuté, Walmart ne s'est pas dit "Je vais m'y mettre". Or, Vanguard et Schwab et Merrill sont déjà entré dans l'ère robo". Le conseiller en finance a ajouté que les conseillers traditionnels ont "commencé à offrir des services de conseils avec une meilleure technologie pour le même prix, et les robo-advisers n'ont plus beaucoup de marge pour proposer des prix attractifs."

Il n'y a aucun doute, les start-ups Fintech ont l'avantage d'être précurseurs.

Ils ont ciblé la génération Y, née dans le monde du digital, où les Henrys, pour "high earnings not rich yet" soit "revenus élevés mais pas encore riches", ne tiennent absolument plus compte des conseillers en finance traditionnels.

Cela a contribué à la récolte de 22 milliards d'actifs à gérer, selon Tabb.

Leur problème : à cause des petits actifs de la génération Y, il est difficile pour les entreprises Fintech de faire des profits.

Les robo-advisers n'ont pas la capacité de gérer des problèmes financiers plus complexes qui apparaitront lorsque la génération Y vieillira

"Vous pouvez attirer dans vos filets tous les jeunes que vous voulez. La réalité, c'est qu'ils n'ont pas l'argent", a avoué une entreprise Fintech à Tabb. "Ils ne détiennent pas l'actif que la génération d'au-dessus possède."

La question est : les start-ups peuvent-elles garder la génération Y comme client jusqu'à ce que son actif grandisse et qu'elle devienne un client rentable ?

Tabb pense que non.

Les robo-advisers n'ont pas la capacité de gérer des problèmes financiers plus complexes qui apparaitront lorsque la génération Y vieillira. Les conseillers en finance classiques peuvent offrir des options que les start-ups ne peuvent proposer, comme la planification successorale ou une large gamme de types d'investissements.

"Les robo-advisers fonctionnent pour la classe moyenne ou les jeunes, qui n'ont pas beaucoup et veulent surtout éviter les frais", a expliqué un professionnel de Wall Street à Business Insider en mars. "Ils ne peuvent remplacer les conseillers."

S'ajoute à cela le fait que les conseillers classiques rattrapent leur retard en matière d'offres technologiques et les start-ups Fintech semblent prêtes à leur laisser de la place.

Pour rivaliser avec les conseillers traditionnels, Tabb explique que les Fintechs pourraient éventuellement devenir hybride, en proposant les services de conseillers humains à certains clients.

Pour rivaliser avec les conseillers traditionnels, les Fintechs pourraient éventuellement devenir hybride, en proposant les services de conseillers humains à certains clients

Au lieu de devenir les adversaires directs de la gestion financière, les start-ups Fintech peuvent s'imposer comme des agitateurs dont le secteur a bien besoin, d'après l'étude.

"Ironiquement, à cause de cette pression constante pour faire des profits, les robo-advisers pourraient apporter leur aide au modèle qu'ils essayaient de perturber", indique l'étude.

"Finalement, les robo-advisers ne sont pas de jeunes entreprises permetteuses qui perturberont les services financiers, mais plutôt des innovateurs amenant au changement, pour se rendre compte plus tard que eux aussi doivent s'adapter."

 

Article de Lucinda Shen. Traduction par Caroline Brenière, JDN

Voir l'article original : A group of much-hyped finance startups made a big bet on millennials — but it won't work​

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