Valentin Stalf (Number26) "Number26 veut agréger les meilleurs services financiers du marché"

Avec son offre mobile first, la fintech allemande revendique 130 000 clients 15 mois après sa création.

Valentin Stalf, fondateur et CEO. © Number26

Number26, application bancaire 100% mobile, propose une inscription ultra-rapide et un compte et une carte bleue gratuits, sans aucune commission sur les paiements en devises étrangères. La start-up allemande avait fait sensation en avril 2015 en levant 10 millions d'euros en série A, notamment auprès du fonds de Peter Thiel, Valar Ventures. Son CEO, Valentin Stalf, décrit le futur de l'application en pleine expansion.

 

JDN. En quoi l'offre de Number26 est-elle différente des autres banques ?

Valent Stalf. Number26 a été inventée et construite spécialement pour un usage mobile. Nous ne portons pas le fardeau des systèmes technologiques hérités -legacy- qui empêchent souvent les banques traditionnelles d'innover rapidement : nous intégrons facilement de nouvelles fonctionnalités. Chaque transaction apparait en temps réel sur l'application et l'utilisateur peut gérer tous ses besoins bancaires directement dans l'appli.

 

Vous n'avez pas la licence bancaire et vous fonctionnez grâce à un partenariat avec Wirecard. Quelles sont les modalités de cet accord ?

Notre partenariat avec Wirecard Bank nous permet de bénéficier de la licence bancaire dont nous avons besoin pour être présents dans huit marchés, en Allemagne Autriche, France, Espagne, Italie, Irlande, Slovaquie et Grèce. Cela veut dire que les clients qui souscrivent à un compte en France reçoivent un compte bancaire allemand géré par Wirecard Bank et ils bénéficient des protections bancaires édictées par la loi allemande.

 

Qui est votre cible ?

Nous visons les digital natives en Europe, les jeunes de 18 à 35 ans.

 

Vous n'avez aucun frais de paiement ou de retrait, quelle que soit la devise, et vous ne prélevez pas d'agios puisque les découverts ne sont pas autorisés. Quel est votre business model.

Je dois d'abord préciser que nous autorisons les découverts, mais pour l'instant seulement en Allemagne, et que nous prélevons un pourcentage si nos clients activent ce service [Le taux d'intérêt pour les découverts s'élève à 8,9% par an, ndlr]. Si le compte bancaire est autrement gratuit, c'est parce que nous avons peu de frais puisque nous n'avons pas de réseau d'agences physiques. Nos revenus proviennent surtout de la petite commission prélevée sur chaque transaction Mastercard.

 

Vous ne proposez pas de prêts, de placements, de plans d'épargne… Etes-vous destinés à être une seconde banque pour vos clients ? Ou bien prévoyez-vous d'enrichir le service ?

Notre but est de devenir le compte bancaire principal de nos clients, qui les suit notamment quand ils voyagent d'un pays à l'autre. Nous allons lancer de nouveaux services bancaires en 2016. Cela fait partie du Fintech Hub que l'on est en train de créer : nous allons intégrer des fintech spécialisées dans des services bancaires individuels, comme des virements d'argent d'un pays à l'autre, des produits d'épargne ou d'investissement. Le mois dernier, nous avons annoncé un partenariat avec Transferwise pour envoyer de l'argent à l'international, premier exemple de cette stratégie qui nous distingue encore un peu plus des banques traditionnelles.

 

Pourquoi ne pas développer vous-mêmes ces fonctionnalités additionnelles ?

En théorie, on pourrait le faire. Mais on a choisi de nouer des partenariats avec le leader existant dans chacune des catégories et d'intégrer leurs services directement dans l'application. Notre vision, c'est de créer une application bancaire qui offre à ses clients l'accès aux meilleurs services financiers du marché.

 

Pourriez-vous un jour vous passer de Wirecard ? Allez-vous demander une licence bancaire ?

Nous sommes contents de notre partenariat et nous préférons nous concentrer sur l'amélioration du produit et de l'expérience utilisateur pendant que Wirecard se charge de tous les aspects réglementaires. Pour ce qui est de la licence bancaire, toute fintech doit décider si la flexibilité du produit qu'elle offre vaut le chemin de croix pour l'obtenir... Nous y avons bien sûr réfléchi mais nous ne voulons pas révéler ce que nous avons décidé.

 

Combien de clients revendiquez-vous ? Quels sont vos plans d'internationalisation ?

Nous venons de passer la barre des 130 000 clients, dont 10 000 en France. Nous sommes actifs dans huit pays, en Anglais et en Allemand. Au deuxième trimestre, nous allons réellement nous lancer dans les marchés en question : par exemple nous allons lancer un site et une application puis un service client et un service d'identification de l'identité en français. Notre but, à terme, est de bâtir un produit bancaire paneuropéen.

 

Quel est votre chiffre d'affaires ?

Nous ne communiquons pas sur ce sujet.

 

Combien de collaborateurs ?

Plus de 130 dans notre siège social berlinois.

 

Comment voyez-vous le futur de Number 26 ? Un rachat, une IPO ?

Nous sommes concentrés sur la construction d'une expérience bancaire paneuropéenne dotée de fonctionnalités complètes et sur la construction d'une marque de confiance. Nous ne pensons pas encore à des scénarios de sortie.

 

Né à Vienne, Valentin Stalf a étudié la comptabilité et la finance à l'université de Saint-Gall, en Suisse, puis à la Sophia University de Tokyo et à l'université d'économie et d'administration des entreprises de Vienne. Après avoir travaillé chez Deloitte et Deutsche Bank, il a rejoint  en 2012 l'incubateur allemand Rocket Internet en tant qu'entrepreneur en résidence et a participé à la construction de plusieurs sociétés, dont Payleven et Paymill. Il a fondé Number26 en février 2013.

 

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