Lendix donne le top de la consolidation des plateformes de crowdlending

Lendix vient d'annoncer coup sur coup le rachat de la plateforme Finsquare et une levée de 12 millions d'euros. Deux signes qui annoncent l'accélération de la consolidation du secteur.

Le marché du crowdlending commencerait-il à se stabiliser ? Suite à la création du statut d'Intermédiaire en Financement Participatif en 2014, le nombre d'acteurs a rapidement explosé. "60 plateformes de prêt aux entreprises ont été immatriculées à l'Orias", note Olivier Goy, PDG de l'incontestable leader français du marché, Lendix. Et pourtant, treize d'entre elles seulement ont effectivement enregistré au moins un prêt au premier trimestre, et cinq dépassent le million d'euros prêtés sur la période.

"Se lancer avec moins de 3 millions d'euros, c'est impossible. Seule une poignée d'acteurs tiendra sur la durée, le marché va s'épurer rapidement", déclarait déjà Olivier Goy dans une interview accordée au JDN en septembre 2015. Le mouvement est bel et bien déjà en marche, et Lendix se détache de ses concurrents. Au premier trimestre, le volume prêté est 2,2 fois plus important que son plus gros challenger, Lendosphere.

Montants prêtés à des entreprises sur les plateformes de crowdlending françaises au premier trimestre 2016 (Source : crowdlending.fr)
Rang Plateforme Montant prêté (en euros) Nombre de dossiers Montant moyen (en euros) Durée moyenne (mois) Taux moyen (en %)
1 Lendix 5 705 668 25 228 227 52 6,94
2 lendosphère 2 761 380 6 460 230 32 5,17
3 Unilend 2 381 000 33 72 152 38 6,79
4 Lendopolis 1 186 000 18 65 889 43 8,13
5 Look&Fin 1 055 000 5 211 000 33 8
6 Credit.fr 979 000 21 46 619 48 7,42
7 Finsquare 729 000 16 45 562 19 6,08
8 Prexem 369 000 9 41 000 28 7,46
9 Pretup 188 000 14 13 428 26 8,25
10 Bolden 166 000 7 23 714 21 7,99
11 PretGo 45 000 2 22 500 30 7
12 Tributile 26 000 2 13 000 42 5,5
13 PretStory 9 000 1 9 000 36 7,5

La semaine dernière, Lendix a annoncé le rachat de Finsquare, qui a prêté 4 millions d'euros depuis son lancement début 2015 et revendique 3 300 prêteurs particuliers. Lendix, de son côté, a prêté 21 millions d'euros depuis mars 2015… en forte accélération, puisque la plateforme atteint désormais un rythme de cinq millions d'euros prêtés par mois. La croissance externe n'était pourtant pas un axe stratégique pour Olivier Goy : "Je ne pensais pas que l'on arriverait à une consolidation aussi rapidement et je ne cherchais par à racheter de concurrents. Mais Finsquare est venu nous trouver, et la plateforme est assez complémentaire de la nôtre, avec des projets plus courts terme, une base de particuliers plus importante…" 80% des montants prêtés sur Lendix le sont en effet par des institutionnels.

Lendix va investir à l'international, pas dans la croissance externe

Lendix vient d'annoncer une levée de 12 millions d'euros auprès de CNP Assurances, Matmut et Zencap ainsi que de ses investisseurs historiques, parmi lesquels Partech. En prévision d'autres rachats ? "Non, ce n'est pas à l'ordre du jour, dément Olivier Goy. On a une importante croissance organique et une acquisition représente beaucoup de travail. Si des acteurs viennent à nous, pourquoi pas… Mais ce sera vraiment de manière opportuniste."

Lendix se concentre en fait sur son expansion internationale et va se lancer en Italie et en Espagne –d'où l'entrée de CNP Assurances, très présent dans ces pays, à son capital. Les deux pays disposent de nouveaux régimes juridiques, comme en France, qui permettent la création de plateformes de prêt encadrées par l'AMF locale. 

Pas un monopole, mais une poignée d'acteurs

"La pénétration du digital est moins importante qu'en France, mais il y a là-bas un gros marché de PME et les banques ont beaucoup plus souffert qu'en France, donc l'espace disponible pour notre alternative est très grand", explique le PDG. Lendix s'y lance pour y concurrencer le britannique Funding Circle, avant qu'il n'y ait pris une place trop importante. "On n'a pas peur d'aller au combat avec les plus gros", assure Olivier Goy. La start-up qui emploie 30 collaborateurs est en train d'en recruter vingt autres en Espagne et en Italie.

En plus de l'investissement de 12 millions d'euros au capital, les institutionnels se sont engagés à prêter 20 millions d'euros sur la plateforme pour booster sa croissance. Lendix s'est fixé un objectif de 50 millions d'euros de volume de prêts sur les douze prochains mois, dont 90% en France, et espère franchir les 100 millions en 2017 pour être rentable avant début 2018. La plateforme ne cesse de grossir… pour tout écraser sur son passage ? "Je ne cherche pas à prendre une place monopolistique sur le marché, dément Olivier Goy. Nous avons besoin d'autres acteurs comme Unilend ou Lendopolis à nos côtés pour évangéliser." Selon lui, le marché français va encore grossir, mais seule une poignée d'acteurs survivra. Les autres, ceux qui n'ont pas levé assez de fonds avant de se lancer et qui n'auront pas les moyens d'exécuter pourraient rapidement finir par sombrer.

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