Argentine, Russie, Thaîlande... Ces crises ont ruiné les épargnants Estonie, 1992 : la première crise bancaire d'une jeune république

Indépendante en 1991, la toute jeune Estonie traverse une tempête boursière dès l'année suivante. Les épargnants d'une banque n'y retrouveront pas leurs dépôts.

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Dans un pays nouvellement indépendant, un secteur bancaire libéralisé expérimente la récession. Depuis l'indépendance du pays en 1991, la tâche principale de la banque centrale reste l'introduction de la nouvelle monnaie nationale, la couronne estonienne, qui est lancée en juin 1992. Or, dès cette période, le système bancaire qui se convertit au libéralisme international connaît sa première crise. Les seules règles prudentielles ne sont pas toujours respectées et, dans un contexte de récession et d'inflation forte, certains établissements sont en péril.

La banque centrale ne se porte pas au secours des établissements en cessation de paiement. Bien évidemment, les banques les plus exposées font face à des demandes de retraits de plus en plus importants. En novembre 1992, un moratoire est décrété pour trois banques. Finalement, deux d'entre elles fusionnent avec l'aide des autorités alors que la Tartu Kommertspank, à court de liquidités, est déclarée en faillite.

Les épargnants de la Tartu Kommertspank ne sont que partiellement indemnisés. Créée des 1988 alors qu'il n'existait pas d'autres établissements commerciaux dans la république soviétique, la banque commerciale de Tartu est la seule à ne pas être sauvée du naufrage de la crise de 1992. Cette faillite sert d'exemple aux autres banques, ainsi qu'aux épargnants, mais elle donne aussi le coup d'envoi d'un durcissement de la règlementation du secteur financier estonien.

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