François Pérol (Président de BPCE) "En 2010, nous consacrerons 10 milliards d'euros aux crédits à court terme des PME"

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François Pérol. © JDN / Cécile Debise

Vous avez annoncé un résultat net part du groupe de 537 millions d'euros en 2009, contre une perte de 1,8 milliard en 2008. Quels ont été les leviers de ce retour dans le vert des comptes de BPCE ?

François Pérol. En 2009, nous avons engagé le redressement du groupe. Deux éléments sont entrés en ligne de compte. Le premier, c'est l'impact de la crise financière, encore présent dans les comptes de la première partie de l'année. Au premier semestre, nous avons lancé un audit externe sur l'ensemble des zones à risque (titrisation américaine, LBOs, etc ...), ce qui nous a conduits à réaliser un complément de provisionnement de 1,7 milliard d'euros. Nous avons également dû déprécier un certain nombre de participations acquises en 2006 ou 2007, à hauteur de 1 milliard d'euros.

Le deuxième élément, c'est l'activité courante de nos métiers stratégiques, positive de plus de 2 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année. Cela comprend les activités de banque commerciale et d'assurance des Banques Populaires, des Caisses d'Epargne, du Crédit Foncier ainsi que de Natixis.

 

"Le résultat des participations financières est globalement négatif sur l'année"

Cela ne prend pas en compte vos actifs non stratégiques, comme l'immobilier ?

FP. Non, le résultat des participations financières est globalement négatif sur l'année. Cela comprend les activités de l'immobilier, comme Nexity, Foncia ou Eurosic, mais aussi certaines activités de Natixis concernant l'assurance crédit ou le capital investissement. Cependant, au quatrième trimestre, au total, le résultat du groupe s'établit à 847 millions d'euros. Nous sommes donc bien dans une trajectoire de redressement.

 

La Banque Populaire est le partenaire des petites entreprises. Quelle est votre vision de la vitalité du tissu économique ?

FP. Evidemment, le tissu économique a souffert pendant la crise. Nous traversons la phase la plus sensible. Mais la principale inquiétude des PME, ce n'est pas que leur banquier leur prête de l'argent, mais que leurs clients soient au rendez-vous. L'an dernier, l'encours global de prêts du groupe a augmenté de 3,7%, alors que nous nous étions engagés sur une hausse de 3,5%. En 2010, nous mettrons en place une enveloppe de 10 milliards pour les crédits à court terme et de près de 15 milliards pour les crédits à moyen et long terme en faveur des TPE et des PME.

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