Stooly, le tabouret en kraft qui se plie pour mieux séduire

Ecolo, design, personnalisable et qui ne prend pas de place : ce meuble créé par un jeune entrepreneur francilien cible les jeunes urbains.

Hugo Tsagliotis se lance à contre-courant. Si la tendance est au mobilier connecté, lui, préfère s'en tenir à la simplicité. Sa start-up Stooly propose un tabouret pliable et ultrarésistant en papier kraft, blanc ou marron et bientôt noir, de 35 ou 42 centimètres de haut, sur lequel se posent différentes assises (il en existe trois sortes : paille tressée, feutrine grise et marron et simili cuir blanc). Un objet également décliné en poufs et bancs, actuellement disponibles en précommande. Selon le modèle, les prix vont de 49 euros à 690 euros, pour une durée de vie estimée à entre cinq et dix ans.

Ce produit d'intérieur répond parfaitement aux besoins des habitants de métropoles : il est léger, pliable, ne prend pas de place, ce qui n'est pas négligeable lorsque l'on sait que les Parisiens, par exemple, disposent en moyenne d'une surface de 31 m² pour vivre.

Selon les modèles, le prix des tabourets varie de 49 à 62 euros. © Stooly

Le meuble Stooly ne se contente pas d'être pratique, il est écolo-pratique. A chaque pièce achetée, le client peut planter un arbre où il veut en France, grâce à une association entre la marque et la pépinière Reforest'Action. Aujourd'hui, pour environ 280 à 300 tabourets vendus sur une première production de 400 pièces, 89 arbres ont été plantés. Stooly promet de planter tous les arbres oubliés lors du premier trimestre 2016.

Ces 280 à 300 tabourets vendus ont rapporté un chiffre d'affaires de 12 000 euros, en quatre  mois d'activité. Si Hugo Tsagliotis est établi en région parisienne, il ne vend ses tabourets, fabriqués en Chine, qu'en boutiques éphémères dans la capitale ou via son site internet.

La majorité de ces tabourets a été vendue dans une précédente boutique éphémère du Marais. Pendant cette période, Stooly a attiré les touristes étrangers, qui ont parlé de la marque autour d'eux. Aujourd'hui, 70 pièces ont été envoyées en Hollande.

Hugo Tsagliotis n'oublie pas le marché français pour autant. Il a déjà été contacté par plusieurs galeries d'art parisiennes. Leur intérêt se tourne principalement vers les bancs : ils sont plus grands et, grâce à leur design moderne, s'inscrivent dans l'atmosphère du lieu. Les visiteurs pourront acheter le mobilier directement sur place.

Pour sa communication, le chef d'entreprise compte sur les blogueuses et instagrameuses. Séduites par ce mobilier kraft, elles postent de nombreuses photos de leurs propres pièces. Grâce à elles, Stooly s'est constituée une clientèle à 70% féminine et de tous les âges, même si les blogueuses attirent beaucoup de jeunes filles de 23 à 30 ans. Cependant, grâce à de la publicité sur AdWords, la marque attire de plus en plus de clients masculins.

Une fois replié, Stooly peut facilement se ranger dans un placard. De quoi séduire les habitants de petites surfaces.. © Stooly

Si la start-up est aujourd'hui encore en phase de test, Hugo Tsagliotis souhaiterait multiplier les partenariats, notamment avec les agences d'évènementiel, par le biais de location de mobilier, ou avec les collectivités. Et ça commence bien : Stooly est partenaire d'un concept store, Le Centre Element, qui ouvre ses portes cette semaine, au 7 rue des Guillemites, dans le Marais. Le concept en l'occurrence, c'est l'ambiance zen : cours de yoga et Pilates, thé bio, boutique de divers objets de détente, dont les fameux tabourets. Grâce à ses produits 100% recyclables, Stooly trouve sa place dans ce nouveau mode de vie en vogue.

La tendance est également à la personnalisation. Pour y répondre, Stooly cherche à agrandir sa gamme d'assises et travaille en ce moment avec un artisan français, qui lui a proposé des modèles en bois de couleur. Des plateaux de verre pourraient voir le jour : ce tabouret, modulable à l'infini, peut même servir de table d'appoint, comme le montrent de nombreuses instagrameuses. Certaines entreprises intéressées par les produits voudraient aller plus loin, en personnalisant les assises des Stooly à leur effigie, avec une gravure du logo, par exemple.

Pour cette nouvelle année à venir, Hugo Tsagliotis prévoit de vendre entre 200 et 400 tabourets et poufs lors du premier semestre et faire de Stooly un SAS. Le jeune entrepreneur concentre aujourd'hui ses efforts sur le référencement de la marque sur Internet : c'est là qu'il y prévoit ses plus gros chiffres de vente.

Blogueur / Design