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Une boîte de caviar Petrossian. Photo © Petrossian
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"Chineur de goût." C'est ainsi que se définit Armen Petrossian. "Mon hobby, c'est aller regarder ce que consomment les autres, j'adore fureter à l'étranger et ramener des produits en France."
Il faut dire qu'Armen a de qui tenir : son père et son oncle ont fondé la
maison parisienne en 1920 avec un objectif : faire découvrir ce produit inconnu
des Français qu'était le caviar.
"Ils avaient une démarche marketing innovante, se félicite l'héritier. D'abord en choisissant des boîtes avec ce logo de bateau. Ensuite, en conservant le nom de Petrossian malgré sa consonance étrangère."
Un monopole au temps de l'URSS
Surtout, contrairement à bon nombre de commerçants occidentaux, les deux frères
choisissent de développer alors leurs liens avec la Russie soviétique d'où ils
importent les œufs d'esturgeon. Pari réussi : jusqu'en 1989, Petrossian était
l'importateur exclusif de caviar russe. La désintégration de l'empire soviétique
a évidemment compliqué la donne. "Il a fallu tout reconstruire", explique Armen
Petrossian.
| "Après 1989, il a fallu tout reconstruire" |
Mais la maison Petrossian n'est pas restée longtemps sur un seul produit. Quelques années après sa fondation, les poissons fumés ont fait leur apparition tout comme le fromage blanc bulgare ou le crabe de Russie. La diversification des produits et des sources d'approvisionnement se poursuit avec la nouvelle génération.
Petrossian compte aujourd'hui 250 salariés en France et aux Etats-Unis.
Le chiffre d'affaires 2007 devrait atteindre 40 millions d'euros et
la marque prestigieuse accapare 15% du marché mondial de caviar.