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Les inspecteurs du guide Michelin doivent garder un strict
anonymat. Photo © / JDN
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Anonymat oblige, les 85 privilégiés chargés de noter
les établissements sont tous tenus au plus strict secret. Nous n'avons
donc pas pu interviewer directement un inspecteur du fameux guide Michelin, mais
grâce à des employés du groupe qui ont suivi leurs tournées nous avons pu établir
le portrait-type et la journée de l'un d'eux.
Première idée reçue : les inspecteurs ne passent pas leur journée aux
tables des grands chefs. La partie "restaurants" ne représente qu'un tiers
de la sélection du guide. "Les inspecteurs visitent entre 5 et 6 établissements
par jour, sans y résider", explique la responsable du service de communication.
Ils discutent avec les responsables de l'établissement, ils vérifient l'état des
chambres, la propreté des toilettes, le niveau des équipements, etc"
A la chasse aux bonnes adresses
A midi, il mange dans un restaurant qui figure sur sa liste ou qu'il a repéré.
"En réalité, c'est rarement un trois étoiles - seuls 5% des adresses de notre
guide sont des étoilés", assure le service de presse. Il doit ensuite rédiger
un rapport, soit immédiatement après dans sa voiture, soit le soir à l'hôtel.
| "Lorsque doit sortir la nouvelle édition du guide,
les inspecteurs ont interdiction d'en parler même à leur femme" |
Le soir, notre inspecteur dîne à l'hôtel où il passe la nuit. "Il arrive souvent
qu'un inspecteur soit abordé par des autres clients, qui ont envie de discuter.
Comme il ne peut évidemment pas révéler sa véritable identité, il s'invente
un métier de représentant en photocopieuses ou prétend participer à un congrès."
Seule la famille très proche est au courant de son métier. "Et encore, lorsque
doit sortir la nouvelle édition du guide, les inspecteurs ont interdiction d'en
parler même à leur femme", explique le service de communication.
Une vie de famille compliquée
L'inspecteur ne rentre chez lui que le week-end. La vie de famille est assez
restreinte, d'autant plus que pour ne pas risquer d'être identifié à la longue,
les inspecteurs changent de région chaque année. C'est donc un métier très
solitaire, mais les inspecteurs se réunissent plusieurs fois par an pour des "essais
de table" (c'est à dire des repas anonymes) à plusieurs.
Bref, le job ressemblerait plutôt à une galère. "Pas du tout" s'offusque la
responsable du service de communication . "Nos inspecteurs sont passionnés
de découverte et de gastronomie. Tous rêvent de dénicher le prochain Paul Bocuse.
De plus, ils passent par des maisons d'hôtes charmantes, visitent des lieux magnifiques".
D'ailleurs, le turn-over est rare pour ces postes mythiques.