Les 15 secteurs d'activité les moins risqués en 2015

Certains marchés assurent un faible, voire très faible, risque de faillite aux entreprises qui les animent, selon les analystes de Xerfi.

Entre créations d'entreprise en berne (-7% sur un an en août 2015) et défaillances stables sur un an, selon la Banque de France, les principaux indicateurs économiques ne sont pas au mieux pour les sociétés françaises. Mais certains secteurs résistent davantage que d'autres. Grâce à son partenaire Xerfi, le JDN en a répertorié 15 parmi les moins risqués.

Quels sont ceux les moins en danger ? Pour répondre, les analystes de l'institut d'études économiques ont mis au point l’indicateur Xerfi Risk, qui détermine la probabilité de défaillance des sociétés qui composent un secteur. Une entreprise est dite "défaillante" quand elle passe d’un statut juridique sain à une situation de redressement ou de liquidation. Concrètement, plus l'indice Xerfi Risk s'approche de 0, moins il y a de risque de faillite pour les entreprises du secteur concerné.

L'échelle de Xerfi Risk se comprend ainsi :

  • 0 à 20 : risque de défaillance quasi-nul
  • 21 à 40 : risque faible
  • 41 à 60 : risque moyen
  • 61 à 80 : risque élevé et jugé préoccupant
  • 80 à 100 : risque très élevé voire alarmant 
Les 15 secteurs d'activité au plus faible risque de défaillance
Rang Secteur Indice Xerfi Risk
1 Laboratoires d'analyses médicales 5,9
2 Hypermarchés 8,4
3 Activités comptables 9
4 Activités juridiques 13,8
5 Production, transport et distribution d'électricité 15,1
6 Administration d'immeubles et autres biens immobiliers 15,9
7 Extraction de pierres, de sables et d'argiles 18,6
8 Fabrication de boissons 21
9 Production et distribution de vapeur et d'air conditionné 22
10 Commerce de gros d'animaux vivants 23,7
11 Commerce de gros de produits chimiques 25,3
12 Captage, traitement et distribution d'eau 27,9
13 Fabrication de produits laitiers 28,4
14 Commerce de détail d'optique 28,9
15 Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé 29,8

En tête des secteurs les plus confortables se retrouvent pour la deuxième année consécutive les laboratoires d'analyses médicales, avec un indice Xerfi Risk de 5,9, stable par rapport à 2014. En 2013, ils n'étaient qu'en troisième position avec 4,4 points de plus.

Les hypermarchés conservent eux la deuxième position qu'ils occupent depuis deux ans, mais avec 2,1 points de plus qu'en 2014. Juste derrière, à seulement 0,6 point, les activités comptables sont en passe de retrouver leur seconde position perdue l'an dernier avec un indice de 9 sur l'échelle de Xerfi.

Pour la deuxième année consécutive, le secteur Laboratoires d'analyses médicales est le moins risqué 

Au pied du podium, l'écart se réduit : en 2015, seuls 4,8 points séparent le troisième secteur, celui des activités comptables, au quatrième, les activités juridiques, à 13,8 points. Juste derrière, le marché de la production, du transport et de la distribution d'électricité est toujours moins risqué, avec un indice Xerfi Risk de 15,1 en 2015, soit 2 points de moins qu'en 2014. C'est aussi et surtout deux fois moins qu'en 2013. Le secteur Extraction de pierres, de sables et d'argiles a lui perdu 6,7 points par rapport à 2014, à 18,6 en 2015. Son indice Xerfi Risk est néanmoins près de deux fois supérieur à celui de 2013.

En 2015, les 7 premiers secteurs du classement restent sous le seuil de 21 avec un risque quasi-nul de faillite.  La situation est un peu moins favorable pour les 8 autres, qui doivent faire face à un faible danger de défaillance. Les secteurs Fabrication de produits laitiers, Commerce de détail d'optique et Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé ferment la marche en 2015 avec des indices Xerfi Risk compris entre 28 et 30, soit une dizaine de points sous le seuil du risque moyen, fixé à 41 par le cabinet d'études économiques Xerfi.

12 des 15 secteurs les moins risqués en 2015 ont vu leur chances de défaillance s'accroître depuis 2008

Sur le long terme, les laboratoires d'analyses médicales atteignent un niveau légèrement supérieur à celui de l'avant-crise, avec 1,6 point de plus qu'en 2007. Au palmarès des secteurs ayant le plus souffert de la crise, les activités juridiques arrivent premières avec un indice qui a triplé entre 2007 et 2008. En 2015, il reste toujours deux fois supérieur à son niveau d'avant-crise, à 13,8. Le risque de défaillance des pharmacies ne cesse également de s'accroître depuis 2008. Il a presque quintuplé depuis la crise et flirte aujourd'hui avec la barre des 30, soit 10 petits points derrière le risque moyen. Au total, 12 des 15 secteurs les moins risqués en 2015 ont vu leur indice Xerfi Risk augmenter par rapport à 2008.

Globalement, sur un an, l'indice Xerfi Risk n'a augmenté que pour 4 des 15 secteurs les moins risqués selon Xerfi. Un constat encourageant sur le court terme mais plus inquiétant sur le long terme : 12 des 15 secteurs les moins risqués en 2015 ont vu leurs chances de défaillance s'accroître depuis 2008.

Enfin, notons qu'en 2015, Xerfi recense au total 142 secteurs d'activité. Ils ont pour la majorité un risque de défaillance élevé et jugé préoccupant (35,9%) ou un risque très élevé voire alarmant (25,3%). Seuls 21 d'entre eux n'ont presque pas ou peu de risques de faillite.

Indice Xerfi Risk Nombre de secteurs Part
0 à 20 7 4,93%
20 à 40 14 9,86%
40 à 60 34 23,94%
60 à 80 51 35,92%
80 à 100 36 25,35%
Total 142 100,00%

Source

Ce classement est effectué à partir de la base de données et des analyses Xerfi Risk publiées par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

Extrait de la méthodologie Xerfi Risk

L’indicateur Xerfi Risk synthétise l’analyse de Xerfi sur chaque secteur en restituant une note correspondant à une probabilité de défaillance. Cette probabilité correspond au rapport entre le nombre d’entreprises défaillantes et le nombre d’entreprises totales du secteur. Xerfi Risk mesure le risque de défaillance de toutes les entreprises réalisant plus de 0,3 millions d'euros de chiffre d’affaires.

Les défaillances historiques des secteurs sont des données extraites du Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc). Elles sont analysées et retraitées afin d’obtenir une statistique des défaillances d’entreprises corrigée des variations saisonnières.

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