Sept Français qui ont créé leur entreprise au Brésil Julien Onnen développe des applis mobiles pour les PME

"Au Brésil, impossible de commencer une journée de travail sans d'abord parler de football", s'amuse Julien Onnen. "D'ailleurs, bien s'y connaître en foot est un excellent moyen de s'intégrer", conseille-t-il. Créateur d'une première start-up en France en 2003, le Français a fait ses cartons pour le Brésil en 2012 pour vivre "une nouvelle expérience". Il faut dire que sa femme est de nationalité brésilienne, ce qui lui a largement facilité l'obtention de visa.

julien onnen a créé osaia en 2012.
Julien Onnen a créé Osaia en 2012. © Julien Onnen

A Sao Paulo, il s'installe sur l'avenue Paulista, en plein cœur de la ville, considérée comme "le Champs-Elysées" des entrepreneurs du web. Il y lance son agence de services Internet, Osaia, qui propose diverses prestations comme des applications iPhone. Il a par exemple imaginé une application qui permet de synchroniser les réservations des "pousadas", une sorte de petits hôtels familiaux. "Avant, certains propriétaires se retrouvaient avec parfois 20 réservations pour une seule chambre", explique le Parisien de 39 ans.

L'entrepreneur vise donc les petites entreprises alors que le marché Internet est pour l'instant monopolisé par les grandes marques. Une situation due selon lui à un problème de confiance. "Il y a beaucoup d'arnaques sur Internet", reconnaît-il, ajoutant que "le développement de e-commerce nécessite aussi des gros moyens marketing". Sa société a quand même déjà embauché 2 personnes, en plus de son associé et lui. Et surprise, "un développeur est ici payé plus cher qu'en France, environ 9 000 reals [3 000 euros]. Il y a une pénurie de main d'œuvre mais cela va certainement changer dans les prochaines années", se rassure-t-il.

"Un développeur est ici payé plus cher qu'en France, environ 3 000 euros"

Les différences de management sont en revanche bien ancrées. "Si vous faites une remarque qui ne plait pas trop à un employé, il part du jour au lendemain sans jamais donner de nouvelles. On ne donne pas des ordres à un Brésilien comme à un employé français. Il faut toujours rester cool". Autre difficulté : les relations avec l'administration. "On passe trois fois plus de temps à faire de la paperasse qu'en France", se lamente l'entrepreneur. "Une simple signature sur un document n'a ici aucune valeur. Il faut la faire authentifier par un "cartorio", un peu l'équivalent d'un notaire. Cela prend des semaines et parfois des mois pour remplir le moindre formulaire".

Après avoir gagné ses premiers clients, Julien Onnen espère que son business va s'accélérer. "Les gens sont assez méfiants car beaucoup de soi-disant agences web prétendent avoir des compétences qu'elles n'ont pas en réalité", remarque-t-il. En tous cas, il n'a pas vu le temps passer : "j'ai 'impression d'être arrivé hier au Brésil", s'étonne-t-il encore.

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