Sept Français qui ont créé leur entreprise au Brésil Mathias Meyer revend des documents rares

"Il y a tellement d'opportunités au Brésil que le véritable problème, c'est de choisir ce qu'on veut faire", soupire Mathias Meyer. Alsacien d'origine, il a atterri au Brésil un peu par hasard en 1999 dans le cadre de sa coopération militaire. "J'ai postulé pour un poste au Royaume-Uni chez une filiale de Vivendi et on m'a finalement proposé le Brésil", plaisante-t-il.

mathias meyer a créé glorias en 2013.
Mathias Meyer a créé Glorias en 2013. © Mathias Meyer

Suivent deux ans au Chili, quelques années en France dans une start-up, puis un retour au Brésil en 2006 comme chef de secteur dans un magasin Leroy Merlin à Curitiba, dans le sud du pays. Il démissionne une première fois en 2008 pour créer une société de conseil en verres spéciaux pour le bâtiment. Mais quatre ans plus tard, cherchant à se rapprocher de la famille de sa femme, il réintègre Leroy Merlin à Belo Horizonte, la troisième ville brésilienne. Avant de démissionner de nouveau peu après. "L'envie d'entreprendre était plus forte", justifie-t-il.

Cette fois-ci, l'entrepreneur décide d'allier une ancienne passion aux affaires : il lance fin 2013 un site Internet de vente de documents originaux de personnes célèbres. Sur Glorias, les riches Brésiliens peuvent acquérir une lettre manuscrite de Niel Armstrong ou d'Edith Piaf, un dessin de Salvador Dali ou une photo dédicacée de Brigitte Bardot. "J'achète ces documents lors d'enchères ou je les négocie auprès d'héritiers", explique-t-il. Ces documents, dument identifiés, sont vendus entre 500 et 50 000 reals (160 à 16 000 euros). "Les Brésiliens sont des gros collectionneurs", assure Mathias Meyer, qui vend à des hommes d'affaires ou hommes politiques fortunés.

"Il y a tellement d'opportunités au Brésil que le véritable problème, c'est de choisir ce qu'on veut faire"

Grâce à un gros travail de référencement Internet et de liens sponsorisés, il n'a pas trop de mal à débusquer ces amateurs de culture qui achètent en ligne. "En France, il y a au moins une vingtaine de spécialistes de ce type. Au Brésil, je suis tout seul ! Certains font même appel à moi pour vendre leurs documents dans le pays", se félicite l'entrepreneur. Il compte d'ailleurs traduire très prochainement son site en espagnol pour toucher toute l'Amérique latine et vise 40 000 euros de chiffre d'affaires l'an prochain.

En tant que Français, il avoue bénéficier d'un préjugé positif, "surtout lorsqu'on vend des produits chers, liés à la culture ou la mode". Inversement, les Français sont aussi jugés "grossiers et trop directs". "Les Brésiliens aiment bien mettre les formes. Si je trouve un objet trop cher, il va falloir que je trouve un moyen détourné pour le dire à son propriétaire", explique-t-il. Son conseil aux futurs créateurs ? "Bien s'entourer. J'ai un super avocat, car les lois changent tout le temps et sont plutôt confuses". Ce qui n'empêche pas le bouillant entrepreneur de nourrir beaucoup de projets : "En ce moment, j'étudie trois nouvelles affaires", conclut-il.

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