"DSK au FMI" : les meilleurs extraits Comment DSK a convaincu le Congrès que le FMI devait vendre son or

le capitole, à washington.
Le Capitole, à Washington. © Eric Masson

Le directeur général du FMI doit rencontrer Frank Barney, un parlementaire américain démocrate influent, pour le convaincre de laisser le FMI vendre une partie de son or.

 

« Dominique Strauss-Kahn grimpe les escaliers de Capitol Hill. Le directeur général du FMI n'est certes pas un " lobbyiste " de profession, mais il s'apprête néanmoins à exercer ses talents de pédagogue : la vente des 400 tonnes d'or du FMI nécessite un vote du Congrès américain. " Avocat " de son institution, il doit justifier son action devant les parlementaires. Strauss-Kahn rencontre ce jour-là l'homme qu'il faut convaincre.[...]"

"[...] Strauss-Kahn, nonchalamment assis dans la salle d'attente, jette un œil sur son BlackBerry puis observe, accrochée au mur, la carte de la circonscription du 4e district du Massachusetts, au nord-est des États-Unis, un fief assez homogène qui se termine par une sorte de bras étroit et allongé au nord, et qui, imagine-t-il, " doit voter pour lui ".

" Bonjour ", lance Barney Frank avec son accent très prononcé du New Jersey. Le démocrate sait que Strauss-Kahn est socialiste, ce qui joue plutôt en sa faveur.

"Avant, j'aimerais vous parler de ça ! " répond DSK en désignant du regard la carte de la circonscription affichée dans son bureau."

" Bonjour. Je suis venu vous parler du Fonds, mais avant, j'aimerais vous parler de ça ! " répond DSK en désignant du regard la carte de la circonscription affichée dans son bureau.

Les deux hommes conversent avec humour et agilité : l'Américain évoque sa communauté d'électeurs capverdiens, qui le fait voyager une fois tous les deux ans au Cap-Vert. " Moi, ce n'est pas au Cap-Vert que je me rends, mais aux Antilles, à la rencontre des Martiniquais et des Guadeloupéens ", nombreux à Sarcelles, s'amuse Strauss-Kahn. La conversation ne se détournera de la politique locale qu'à la fin de l'entrevue. Strauss-Kahn expose alors son projet, fondé sur la nécessité de vendre de l'or afin d'aider les pays pauvres.

" Il faut le faire, on va vous aider. "

" Je n'avais rien prémédité, c'est lorsque j'ai revu sa carte en entrant dans son bureau que je me suis dit, tiens... "

" Ils se sont reconnus comme des amis dès la première seconde. Ils étaient au diapason. Du coup, ils ont décidé de collaborer ", commente un membre du Conseil. »

Crise financière / FMI