Le pouvoir d'achat des fonctionnaires fait l'objet d'une éternelle polémique
entre l'Etat et les syndicats de fonctionnaires. L'Etat nie une baisse généralisée
du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Il revendique même une hausse générale
du pouvoir d'achat de 2,1% depuis 2000 en se basant sur la RMPP (rémunération
moyenne des personnes en place), un indicateur qui prend la masse salariale divisée
par le nombre d'agents rémunérés sur une année. Un indicateur qui peut donc se
lire de façon dynamique d'une année sur l'autre.
Les syndicats eux préfèrent se baser sur le SMPT (salaire mensuel par tête),
un indicateur qui calcule pour une année civile la masse salariale totale par
le nombre de personnes présentes du 1er janvier au 31 décembre. Depuis
2000, les syndicats affirment que d'après le SMPT, les fonctionnaires ont perdu
7% de pourvoir d'achat.
L'Etat change de fusil d'épaule
Jusqu'à l'automne, les deux protagonistes campaient chacun sur leur position.
Le gouvernement est même allé jusqu'à démontrer comment le départ d'un professeur
agrégé payé 48.500 euros en fin de carrière compensé par l'arrivée d'un agrégé
rémunéré 19.100 euros l'année suivante baissait mécaniquement l'indicateur de
pouvoir d'achat des fonctionnaires, même si les autres agents pouvaient avoir
été augmentés.
L'Etat a depuis changé son fusil d'épaule en confiant
à l'Insee le calcul du pouvoir d'achat avec une autre méthode
mettant en exergue le sort des salaires les plus faibles
de la fonction publique d'Etat (lire).
De leur côté, les syndicats de fonctionnaires continuent
de défendre le pouvoir d'achat des salariés du public à
travers la revalorisation régulière du point d'indice. Pour
eux, le pouvoir d'achat des fonctionnaires s'estime pour
tous les agents publics, donc par ce fameux point. Quand
le gouvernement vante l'individualisation des revalorisations
salariales par des bonifications accordés aux bas
salaires au regard de leur fiche de paie, les syndicats
réclament une généralisation par la
hausse du point d'indice. Mais le coût n'est pas
le même. Un point d'indice représente 850 millions
d'euros dans le budget de l'Etat. Les bonifications couteraient
au moins 300 millions d'euros.