Nicolas Sarkozy veut instaurer un contrat d'autonomie. Selon le président de
la République, "chaque jeune qui le voudra aura ce contrat qui débouchera sur
une formation, sur un contrat d'apprentissage ou sur un emploi". Concrètement,
des entreprises privées spécialisées dans l'insertion s'occuperont pendant
"quelques semaines ou quelques mois" de la formation des jeunes des quartiers
et tenteront de les placer dans des entreprises. Elles seront rémunérées en
fonction de leur réussite.
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Salem Bessad, Technomobile
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C'est une bonne idée qui a déjà été testée de manière épisodique sur le terrain
et qui a porté ses fruits. Les jeunes ont bien souvent besoin d'avoir des
tuteurs. Moi-même, j'ai suivi des jeunes en leur ouvrant les portes de mon entreprise,
en leur proposant des stages, en les suivant ensuite, en les recrutant ou en leur
faisant bénéficier de mon réseau."
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Hatim Maafer, Trans
2 M |
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"Au niveau des jeunes, c'est très bien, mais qu'est-ce qui est prévu pour
les entreprises ? Si elles embauchent des jeunes peu formés et en difficulté,
il faut une contrepartie de l'Etat. Dans le domaine du transport par exemple,
un jeune qui vient d'avoir son permis n'est pas immédiatement opérationnel. L'Etat
doit prévoir en parallèle des aides pour les entreprises volontaires, sinon cela
ne marchera pas"
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Franck Sodoyer,
Tout à Dom Services |
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"Par rapport à des mesures précédentes comme les emplois jeunes, il
est positif d'aborder le problème via une véritable logique de marché :
prendre un poste et savoir le garder. Ce qui me rend perplexe, c'est que ces entreprises
d'insertion existent déjà. Les nouveautés sont donc de les implanter en banlieue
et de les rémunérer en fonction de leur résultat, ce qui est positif, mais ce
n'est qu'au regard du résultat que l'on pourra véritablement juger cette mesure."
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Mustafa Yildiz, Yildiz Entreprise
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"Ce n'est pas une mauvaise initiative, mais il faut voir comment cela va fonctionner
concrètement. Comment va-t-on sélectionner les jeunes qui ont besoin d'être accompagnés
par des contrats d'autonomie ? Ils sont nombreux aujourd'hui. Est-ce que ces sociétés
vont pouvoir leur apprendre quelque chose ? Vu le petit nombre d'entreprises
d'insertion qui existent aujourd'hui et qu'elles seront en plus triées, cela risque
de ne pas être suffisant. Enfin, c'est encore une nouvelle forme de contrat
précaire, il faut voir combien de temps cela prend aux jeunes. A mon avis, c'est
la mesure la moins efficace annoncée aujourd'hui."
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Emilie Vallée, Vallée
Dôme Finitions |
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"C'est très bien pour des jeunes qui peuvent être découragés après plusieurs
refus d'embauche. Parfois ils baissent les bras et avoir une personne qui les
suit et les motive pour retrouver un emploi, ça ne peut être que bénéfique."
Photos © Talents des Cités